• Raconter l'existence d'Helen Scott, c'est ouvrir le livre du rire et de l'oubli : cette femme que plus personne ne connaît aujourd'hui a marqué son entourage par sa fantaisie, son humour, son intelligence. Son destin fut romanesque, mais elle est demeurée dans l'ombre des artistes qu'elle a accompagnés. Serge Toubiana part sur sa trace, et raconte.
    Les années d'enfance, avec un père journaliste russe, ayant migré aux États-Unis au début du XXe siècle, expédié en URSS pour couvrir les années révolutionnaires, et qui devient agent double. Une adolescence, dans les années 1930, passées dans divers lycées parisiens, où elle fait les quatre cents coups mais apprend le français. Une jeunesse, pendant la guerre à seconder le réseau de la Résistance française. Des convictions communistes, qui la font recruter par un agent soviétique dans les années 1940.
    Et puis, comme une seconde jeunesse, alors qu'elle travaille au French Film Office à New York, la rencontre « coup de foudre » de François Truffaut. Il vient défendre aux États-Unis Les Quatre Cents Coups, qui ont triomphé à Cannes. Débute une amitié fascinante, tendre et torturée, qui durera 25 ans, où Helen Scott devient indispensable (il est « ma truffe », elle est « ma chère Scottie »). Par une intuition, une sensibilité et une gaieté hors du commun, elle fait rayonner toute la génération de la Nouvelle Vague sur les écrans américains - Godard, Resnais et d'autres. Elle participe à la fameuse rencontre entre Truffaut et Hitchcock, à Hollywood, jonglant entre le français et l'anglais, riant aux plaisanteries tout en les traduisant, instaurant une intimité joyeuse entre ces deux géants.
    Serge Toubiana, qui est le biographe de Truffaut, passe de l'autre côté du miroir : ces années d'ébullition artistique, mais aussi d'enjeux de carrière, dans un New York bien différent de celui d'aujourd'hui, donnent à ce récit un cadre captivant. Où la grande Histoire est d'abord une histoire de rencontres.
    Helen Scott repose au Cimetière Montmartre, à quelques mètres de François Truffaut.

  • # Maurice Pialat aimait à affirmer la supériorité de la peinture sur le cinéma. Le peintre est libre de revenir sur son oeuvre ou d'en reprendre le motif. Le cinéaste n'a guère ce pouvoir. Pialat en parlait d'autorité, lui qui fut peintre avant de devenir cinéaste. Si l''expérience fut courte, de 1942 à 1946, elle a néanmoins profondément marqué l'homme, forgé son oeil, nourri sa sensibilité comme en témoignent les tableaux et dessins réunis par Sylvie Pialat et reproduits dans cet ouvrage. Vingt ans séparent le moment où Pialat abandonne la peinture et le tournage de son premier long métrage, L'Enfance nue (1968). Il y aborde les thèmes de l'abandon et de la solitude qui parcourent par la suite toute son oeuvre. Aussi bien La Maison des bois, le magnifique feuilleton qu'il réalise pour la télévision, que La Gueule ouverte, Nous ne vieillirons pas ensemble, Loulou, À nos amours et Police, sans oublier Sous le soleil de Satan (Palme d'or au Festival de Cannes en 1987) et Van Gogh, chef-d'oeuvre qui le confronte à sa vocation première. Serge Toubiana retrace le parcours du peintre devenu l'un des plus grands cinéastes français du xxe siècle. Son essai, illustré de nombreux documents inédits (scénarios non tournés, notes et correspondances, photos et affiches) et de témoignages, nous entraîne dans les arcanes de la création selon Pialat. De l'écriture au montage et à la postproduction, la réalisation du film se révèle un combat acharné pour mettre en scène, sans fards, la vie des êtres, vraie et nue.
    # Coédition La Cinémathèque française / Somogy éditions d'Art Exposition proposée par La Cinémathèque française, du 18 février au 7 juillet 2013, accompagnée d'une rétrospective intégrale de l'oeuvre filmographique, du

  • L'oeuvre de François Truffaut est universellement connue. Ses vingt et un longs métrages sont considérés par un grand nombre de spectateurs comme des livres de chevet. Mais qui était cet homme, disparu en 1984 à l'âge de cinquante-deux ans, et qui voua sa vie au cinéma ? François Truffaut ne cessa d'entretenir le mystère et les malentendus, comme pour maintenir le secret. S'il est possible, de film en film, de retracer les contours de sa vie, à travers les personnages d'Antoine Doinel, l'adolescent des Quatre cents coups interprété par Jean-Pierre Léaud, puis le jeune homme de Baisers volés, le nouveau marié de Domicile conjugal, Ferrand, le metteur en scène de La Nuit américaine, Bertrand Morane, le séducteur de L'homme qui aimait les femmes, ou Julien Davenne, l'homme qui voue sa vie au culte des morts, l'ami inconsolé de La Chambre verte, la personnalité de François Truffaut est plus complexe et méritait une approche biographique.
    Établie à partir des multiples témoignages de ses amis et de ses étonnantes archives personnelles, cette biographie nous révèle les multiples facettes de François Truffaut. Voici un récit attentif et minutieux, un éclairage inédit sur un cinéaste sensible et chaleureux.

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