• Depuis 2004, parallèlement à la réalisation de ses films à "la première personne", Vincent Dieutre a décidé de se pencher sur les oeuvres et les artistes qui l'ont fabriqué. Au gré des circonstances, des rencontres, des souvenirs, des opportunités de production, il a déjà réalisé cinq de ces Exercices, par lesquels ses Admirations ont pu prendre forme cinématographique. Tous différents dans leur durée comme dans leur dispositif, les cinq premiers Exercices d'Admiration tournés entre 2004 et 2017 sont rassemblés pour la première fois dans ce coffret.

  • Jaurès

    Vincent Dieutre

    Elle est venue voir. Je n'ai aucune photo de Simon à lui montrer, aucune trace que ces plans volés, pris des fenêtres de chez lui, du côté du métro Jaurès : le canal, les voitures, la vie de quartier et cette poignée de réfugiés afghans confinés sous la voûte Lafayette.

  • Sans chronologie véritable, sans étâts d'âme, nous découvrons par bribes douloureuses l'implacable réalité de la vie d'un jeune homosexuel dans la Rome des années 80, la chronique linéaire du sexe et de la drogue comme seules perspectives. Le récit obsessionnel et précis de l'indifférence générale, des sincérités successives et du manque.

  • Un cinéaste tente de se plonger, lui et son équipe, dans l'univers incandescent de Port-Royal et du Jansénisme, esquissant par fragments un autre Grand Siècle, étrangement familier, celui de Pascal, de Racine et des "Amis de la Vérité". Paysages arpentés, lectures précieuses, entretiens et notes de travail s'entrecroisent, mais la quête historique tourne peu à peu au vertige. Et d'envolées baroques en convulsions hystériques, c'est tout le film qui bascule, butant irrémédiablement sur la question sans réponse de la grâce.

  • "Rennes, mois de mai 2012, entre les deux tours des élections présidentielles : la France est comme en suspend, dévastée par cinq années de Sarkozisme, d'individualisme exacerbé. Tout semble bouché, opaque. Mais là, sur une petite place à deux pas du centre ville et de leur école du Théâtre National de Bretagne, un petit groupe se forme. Huit jeunes comédiens s'engouffrent avec moi dans un petit studio de cinéma : pour y dresser un "état du monde" ? ou pour y rêver, le temps d'un film, la possibilité d'un autre ? Je suis là pour les aider à oublier leur savoir-faire. Comment toucher le nerf de leur époque ? Les jeunes citoyens-comédiens vont tenter de retourner cette télé-réalité qui les étouffe contre elle-même. Casting et repérages pour un film improbable, là où le documentaire viendrait s'échouer aux bords d'un monde saturé de fiction, là où l'acteur doit s'avouer vaincu face au sur-jeu panique des "vrais gens", là peut commencer l'expérience." Vincent Dieutre

  • Ce coffret contient 4 films de Vincent Dieutre :
    - Entering Difference :
    "Je suis à Chicago pour un festival. J'envoie une lettre à l'aimé, prenant en plein visage la beauté de la ville et la violence de cette société où je ne trouve pas ma place. L'année 2000 s'achève et Chicago, gelé dans son indifférence centrale, semble attendre fébrilement la catastrophe."
    - Bonne nouvelle :
    "Nous sommes à Paris, près des Grands Boulevards, dans les premiers mois du XXIe siècle. Il y a les rues qui s'animent, s'éveillent et s'endorment, l'alignements des immeubles, les cours, les passages. Un destin se dessine, par fragments. Les bribes douloureuses ou tendres d'une vie passée là, vers le métro Bonne Nouvelle, nous sont révélées par 3 voix. Doucement, elles nous invitent à arpenter une autre géographie du quartier, plus secrète, plus intime."
    - Bologna Centrale :
    "Mars 1977, je débarquais à Bologne, dans une ville inconnue au bord de la guerre civile : séjour étrange, décisif dont me restent des bouts de souvenirs, des bribes, des prénoms, les fragments d'une effervescence : celle de mon éveil au monde, au désir et celle d'une rébellion générale qui secoua Bologne comme un spasme. Si proche et si lointaine, cette époque s'acheva brutalement par l'attentat de la Gare de Bologne le 2 août 1980, qui fit plus de 120 victimes. Alors, en plein berlusconisme triomphant, reprendre ce vieux train, une caméra super8, et descendre une fois encore à BOLOGNA CENTRALE..."
    - Despuès de la Revolución :
    "Je suis enfin à Buenos Aires, pour un séminaire sur le cinéma. Ivre de joie, je découvre la ville que m'avaient tant décrite les grands frères argentins, du temps des Grandes Manoeuvres et du Palace. Mais la ville est aussi devenue un laboratoire où s'expérimentent toutes les révolutions, de la libération sexuelle à celle de l'art. j'essaie d'être à la hauteur de ce changement à vue du monde qui éclate sous mes yeux. Je me noie, j'abandonne, pour nous, ceux d'après la révolution, c'est sans doute déjà trop tard..."

  • Contient :

    - Leçons de ténèbres :
    Leçons de ténèbres reconstitue par fragments un voyage fatal placé à l'ombre de l'oeuvre sensuelle du peintre italien le Caravage.A Utrecht, Naples et Rome, deux histoires d'amour guident l'itinéraire nocturne d'un homosexuel en mal de beauté. A la fois journal intime et documentaire baroque, Leçons de ténèbres de Vincent Dieutre (Rome désolée) est un film esthétique sur l'amour et l'amour de l'art.

    - Mon voyage d'hiver :
    Vincent a quarante ans. Hanté par la figure de Schubert, cet homosexuel cultivé et fragile s'embarque avec son filleul Itvan pour un ultime et beau voyage : son voyage d'hiver. L'homme et l'adolescent traversent une Allemagne enneigée, battue par les vents et peuplée de fantômes.Entre blessures du passé et vastes chantiers de la réunification, l'homme tente de changer le regard d'Itvan sur ces villes, ces paysages, invoquant tour à tour l'histoire, la poésie et la musique. Au fil de ce parcours initiatique, fragmentaire et glacé, porté par les mélodies romantiques allemandes, l'homme voyage aussi à travers sa propre histoire...

  • Orlando ferito

    Vincent Dieutre

    • La huit
    • 13 Juin 2017

    Dans la remise d'un petit théâtre de Sicile, les marionnettes se lamentent sur leur sort. Il est vrai qu'en Europe tout va au plus mal. En 1975 Pasolini annonçait déjà la Disparition des Lucioles et le triomphe à venir du Château des Mensonges. 40 ans plus tard, un réalisateur français débarque à Palerme en quête d'une nouvelle espérance politique. Peu à peu, son récit intime se mêle au drame des marionnettes, sous le signe d'Orlando, prince des Pupi, et du Georges Didi-Huberman, Survivance des Lucioles. Mafia, homosexualité, désengagement général, malgré le regard lucide du cinéaste sur la Sicile d'aujourd’hui, son voyage tournera à la féerie et à une célébration du "Principe Espérance"...

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