Gallimard

  • Frederick Wiseman

    Collectif

    Avec plus de 40 longs métrages, Fred Wiseman est aujourd'hui une des icônes du cinéma documentaire américain. S'il récuse l'étiquette de documentariste, c'est que chacune de ses oeuvres, profondément ancrée dans le réel, devient par la magie de son écriture cinématographique, fiction et même poésie. Ses images sans commentaires ni interviews racontent des histoires de vie d'une profonde humanité. Cet homme-orchestre qui produit, tourne et monte lui-même ses films nous donne aussi une magistrale leçon de cinéma. En 1979, le Centre Pompidou l'accueille dans le cadre du festival Cinéma du Réel avec son remarquable Sinaï Field Mission. En 2010, à Cannes, la Quinzaine des Réalisateurs lui rend un vibrant hommage lors de la présentation de Boxing Jim, film qui met en scène la vie ordinaire d'un club de boxe dans l'Amérique profonde. Dans ces pages, Fred Wiseman raconte pour la première fois, avec l'humour qui le caractérise, ses années d'études désenchantées jusqu'à son passage fortuit au cinéma en 1967 avec le tournage de Titicut Follies à Bridgewater, un asile psychiatrique pénitentiaire près de Boston, Massachusetts. Depuis, ses films concernant les institutions se sont multipliés : plongées au coeur de la société contemporaine, vision de l'Amérique toute entière du Texas à l'Alabama et la Floride, et à travers près de vingt Etats.A partir de 1985, il s'est tourné également vers la France et ses institutions, la Comédie-Française, l'Opéra de Paris avec son film Le Ballet qui a rencontré une large audience. Dernièrement il a tourné Le Crazy Horse à propos duquel il a pu exercer son humour. Passionné de théâtre, il a mis en scène La Dernière lettre adaptée de Vie et destin de Vassili Grossmann, et Oh Les beaux jours de Samuel Becket, pour la Comédie-Française. L'ouvrage présente, outre le texte autobiographique de Frederick Wiseman, des contributions remarquables, comme celle du psychanalyste Pierre Legendre, du poète et essayiste Christopher Ricks et du cinéaste Errol Morris, ainsi qu'une riche iconographie en grande partie inédite.

  • C'est en travaillant, juste après sa mort, sur les papiers de son père, Munio Weinraub, architecte du Bauhaus, qu'Amos Gitai a mesuré l'importance des archives, ces blocs de silence. Voilà 40 ans qu'il alterne documentaires et fictions : près de 80 films, et chacun d'eux conçu comme un workshop, un travail d'élaboration et de réinterprétation des sources. En 2007, Amos Gitai a confié ses archives à la Cinémathèque française. Un fonds riche, complexe et hétérogène, constitué de nombreux inédits : manuscrits, photographies, dessins de costumes et de décors, documents audiovisuels et sonores. Valoriser ce fonds, rendre compte d'un processus de création, mettre au jour les lignes de force, de tension qui sont à l'oeuvre, tels sont les enjeux de cette exposition conçue en quatre phases :
    Kippour Naissance d'un cinéaste ; Réalités et frontières ;
    L'exil et le monde ; Mythologies Un voyage poétique dans l'univers de cet « architecte de la mémoire » qui a fait le choix du cinéma, après avoir frôlé la mort pendant la guerre de Kippour, en 1973.
    Ses premiers films sont documentaires, puis très vite il se met à fictionnaliser le réel pour mieux se l'approprier. Mélange des genres où s'enracinent une pensée, une méthode, cette relation mouvante, voire instable, qui préside à l'écriture de ses récits. Arpenteur et témoin d'Israël, son pays est une source d'inspiration constante, mais à bonne distance. Il y a un esprit de l'exil chez Amos Gitai, pour qui le monde est le lieu d'un perpétuel questionnement : l'identité des pays où il tourne, ces cultures, ces langues et ces rencontres qui le nourrissent.
    Il revient ici sur les tracées de ce parcours singulier et passionnant : parole vive, vision forte, retour aux sources d'une oeuvre traversée par les questions des filiations, des racines et de l'Histoire. Façon d'atteindre à ce qui, au coeur même de la création, n'appartient qu'à l'artiste lui-même.

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