Pu De Rennes

  • L'attention portée aux gestes confirme le tournant anthropologique que connaissent depuis quelques années les études cinématographiques. Le geste filmé, le geste de filmer, le geste de recevoir un film et de lui répondre sont les vecteurs d'une expérience partagée : repris, détaillé, le geste filmé s'offre comme réalité sensible et adresse à l'autre. Loin de toute assignation de sens comme de toute obligation de résultat, le geste s'impose ainsi, selon Agamben qui est le fil rouge de ce volume, comme l'une des dernières formes d'expression du politique. L'expérience du film rendrait ainsi possible une nouvelle définition de l'être-ensemble qui constitue le politique : un passage de relais où personne filmée, cinéaste, spectateur, tour à tour s'exposent et (se) regardent.

    /> Les textes de ce volume cernent les points de tension où s'impose, dans l'éclat et l'éclair d'un geste, cette dimension politique, entre emprise et émancipation, action militante et mise en scène de soi. C'est surtout dans les formes libres du film-essai ou du documentaire de création, de Pasolini à Godard, de Kiarostami à Kawase, de Farocki à Wang Bing et de Zilnik à Klotz et Perceval que s'illustrent ces oscillations. Les contributions de trois cinéastes passeurs, Xavier Christiaens, Sylvain George et Sothean Nhieim, perpétuent le geste politique dont est ici proposée l'analyse.

  • Connu comme l'un des cinéastes majeurs de la dissidence pendant la dictature franquiste, Carlos Saura l'est également pour ses nombreux films musicaux (Carmen, Tango) où la danse occupe une place centrale. Elle est aussi présente, sous une forme ou une autre, dans la plupart de ses films, et sert ici de fil d'Ariane pour s'orienter dans une oeuvre protéiforme et souvent hétérogène.

    Du bal populaire aux enlacements intimes, du ballet professionnel à la danse de combat ou de possession, le corps dansant traverse quasiment toute la filmographie où il dessine à la fois l'évolution d'une société, la libération des corps et des esprits, et la trajectoire esthétique d'un cinéaste également peintre et photographe. Recourant d'abord à la métaphore comme stratégie de contournement de la censure, il prolonge sa recherche formelle en élaborant des mises en abyme complexes, puis la réflexivité du processus de création devient une structure de prédilection qui aboutit, dès les années 1980, à un dialogue entre les arts se poursuivant jusqu'au dernier opus en date (Beyond flamenco, 2016). Dans la dernière partie de la filmographie, la danse et la musique partagent l'image filmique avec la peinture, la photographie, la projection cinématographique, la scénographie théâtrale, dans un vaste mouvement d'hybridation des formes et des langages.

    Ce livre propose ainsi de revisiter la majeure partie des films de Carlos Saura au prisme de la danse, et ouvre à une réflexion plus large sur l'ensemble de l'oeuvre, le rapport au corps, à l'art et à la représentation.

  • Cette étude de l'oeuvre d'Abbas Kiarostami prise sous ses multiples facettes (films, vidéos, installations, poèmes, opéra) tenter d'en saisir, sous l'apparent dépouillement, la complexité. Elle offre aussi l'occasion de remettre à l'ouvrage la notion même de modernité dans une perspective plus vaste suscitée par l'oeuvre elle-même, incluant les champs de l'art et de la philosophie.

  • Cet ouvrage propose d'étudier les discours sur le cinéma en France entre 1945 et 1949 et, au sein de cet ensemble, d'interroger la relation entre la reconnaissance progressive des écrits baziniens, et leur dimension profondément interdiscursive. Il émet l'hypothèse que cette caractéristique joue un rôle central dans ce phénomène de reconnaissance, en même temps qu elle constitue un ferment essentiel de la méthode de scientifisation de la pensée sur le cinéma mise en place progressivement par Bazin.
    Celui qui donne ici son nom à une transformation de la critique française par l'affirmation d'une méthode nouvelle, dans la façon de voir et de commenter les films, est donc un auteur qui tente de prendre en compte des conceptions du cinéma parfois contradictoires, en ne cessant jamais d'échanger avec elles et en acceptant de se laisser corrompre, lorsque l'idée d'un autre s'avère pertinente.
    Plus précisément, cette analyse historique du système discursif bazinien étudie la manière dont il répond aux problèmes du cinéma (en particulier du cinéma français), entre 1945 et 1949, en le confrontant à des discours de toutes natures. Ceux-ci sont ici réunis en trois principaux pôles discursifs : "renaissance", "reconnaissance" et "connaissance".
    Cette confrontation permet de montrer que la pensée de Bazin est tout à la fois traversée et travaillée par les enjeux des divers discours de l'époque. D'un point de convergence, elle devient un lieu de transformation tant des autres énoncés sur le cinéma que de leurs modalités.
    Ainsi s'opère la transformation Bazin.

  • Par le biais de deux groupes de production issus de la même base, Slon (1968-1973) et Iskra qui lui succède, l'auteure de cet ouvrage interroge les modalités d'intervention politique d'une partie des acteurs du champ cinématographique français, de la fin des années 1960 à la fin des années 1980. Ce travail interroge l'élaboration de modèles de productions spécifiques s'opposant au fonctionnement de l'industrie cinématographique, la diversité des voies d'engagement en cinéma ainsi que l'émergence de nouvelles pratiques de diffusion à l'aide d'archives jusqu'alors inexploitées et du recueil de nombreux témoignages.

  • Au seuil des années 1960, l'op art surgit et crée l'émulation. Une foule de graphistes publicitaires, d'arrangeurs de vitrine et de couturiers s'empare de ce mouvement artistique. Mais un autre art lui prescrit un renouveau profond : le cinéma. Sur quinze ans, les auteurs de films les plus variés exploitent sans égal un génie des formes, révélant ainsi un mariage pathologique, celui du voyeur et de l'halluciné. Le cinéma a trouvé dans l'op art sa victime consentante : une esthétique hallucinée, apte à sublimer un décor à moindre frais, apte à traduire des états mentaux délirants, ou des visons impossibles.

    Avec une préface de Arnauld Pierre.


    Avec le soutien de Sorbonne Université, de la Fondation Hartung-Bergman, et de ADHEX TECHNOLOGIES.

  • Roxane Hamery retrace l'oeuvre cinématographique et le parcours institutionnel de Jean Painlevé. Un portrait contrasté qui rend compte des engagements de l'homme, de l'éclectisme et de la singularité de ses productions. À travers la genèse de ses films, ses écrits théoriques, ses engagements politiques et culturels, cet ouvrage ouvre des perspectives : à la croisée du cinéma scientifique, du documentaire et de l'expérimental, la production de Jean Painlevé est constituée exclusivement de courts métrages, échappant ainsi à la plupart des recherches en histoire centrées sur les oeuvres de fiction.

    Portrait contrasté d'un jeune homme des années 1920 * Le désir d'engagement dans le monde * Le début de l'aventure cinématographique * Le cinéma dans le laboratoire * Science et surréalisme

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