Survivance

  • Admiré par Jean-Marie Straub et Harun Farocki, Peter Nestler est l'un des cinéastes les plus importants de l'Allemagne d'après-guerre. Nestler nous frappe par la rigueur et l'inventivité de son regard documentaire, à la fois politique et esthétique. Après-guerre son cinéma est témoin des métamorphoses du monde ouvrier, du mode de vie paysan, mais se fait aussi porte-voix des communautés Roms, de la lutte contre le coup d'Etat des Colonels en Grèce. Avec ses oeuvres récentes, ses formes documentaires ouvrent une brèche plus intime, notamment avec La Mort et le Diable qui retrace le parcours de son grand père, explorateur ethnographe passé au nazisme dès les années 30.

  • Demons in Paradise

    Jude Ratnam

    Sri Lanka, 1983, Jude Ratnam a cinq ans. Il fuit à bord d'un train rouge les massacres perpétrés contre les Tamouls par une partie de la population cinghalaise, avec la complicité des autorités. Aujourd'hui, réalisateur, Jude parcourt à nouveau son pays du sud au nord. Face à lui défilent les traces de la violence de 26 ans d'une guerre qui a fait basculer le combat pour la liberté de la minorité tamoule dans un terrorisme autodestructeur. En convoquant les souvenirs enfouis de ses compatriotes ayant appartenu pour la plupart à des groupes militants, dont les Tigres Tamouls, il propose de surmonter la colère et ouvre la voie à une possible réconciliation.

  • Le corps d'un ouvrier du traitement des eaux de la ville est retrouvé dans une bouche d'égout à Bombay. Narayan Kamble, chanteur folk contestataire, est alors arrêté en plein concert, accusé d'avoir incité l'homme au suicide par l'une de ses chansons politiques et incendiaires. Un procès se met en place et s'enlise, de plus en plus labyrinthique et absurde. La cour de justice devient la caisse de résonance des tiraillements et des archaïsmes de l'Inde contemporaine.

  • Sayônara

    Kôji Fukada

    Dans un avenir proche, le Japon est victime d'attaques terroristes sur ses centrales nucléaires. Irradié, le pays est peu à peu évacué vers les états voisins. Tania, atteinte d'une longue maladie et originaire d'Afrique du Sud, attend son ordre d'évacuation dans une petite maison perdue dans les montagnes. Elle est veillée par Leona, son androïde de première génération que lui a offert son père. Toutes deux deviennent les dernières témoins d'un Japon qui s'éteint à petit feu et se vide par ordre de priorité, parfois selon des critères discriminatoires. Mais doucement, l'effroi cède la place à la poésie et la beauté.

  • La vie quotidienne des migrants Syriens, Kurdes, Pakistanais, Afghans et autres dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, pour boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l'Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les "habitants" de Idomeni, décident, à leur tour, de bloquer les rails qui traversent la frontière.

  • "Ma voie, c'est d'aller à la recherche d'un sens enseveli, de déblayer les décombres qui obstruent les images"" : c'est ainsi que le réalisateur allemand Harun Farocki décrit son cinéma. Cette quête de sens est à l'oeuvre dans "Images du monde et inscription de la guerre" et "En sursis". Avec ces deux films-phares, Harun Farocki s'arrête sur deux corpus d'images de la Shoah et nous les rend lisibles grâce à deux stratégies de reprise. Un dialogue entre deux films s'instaure à vingt ans d'intervalle sur la question des conditions d'une lisibilité des images, du "voir" et du "savoir". A travers une oeuvre considérable, Harun Farocki ne cesse d'influencer le cinéma et l'art contemporain.

  • Contient : : - La vallée : Sur une route de montagne au Liban, un homme se relève d'un accident de voiture. Choqué et en sang, il erre jusqu'à un véhicule en panne et aide ses quatre occupants à le réparer. Devenu amnésique, le groupe prend soin de lui et l'emmène dans une ferme barricadée et protégée de la vallée de la Bekaa, où l'activité n'est pas uniquement agricole. Qui est cet homme sans passé ? Un espion, un mécanicien, un docteur, une menace, un présage ? Entre suspicion et attirance, ils essaieront de lui faire retrouver la mémoire. - La montagne : La nuit tombe sur Beyrouth. Fadi, un homme d'une quarantaine d'années, accompagné par un ami, se rend à l'aéroport. Il est supposé s'absenter pour un mois. Mais au lieu de prendre l'avion, il loue une voiture, quitte Beyrouth, prend l'autoroute du nord et s'engage sur une route montagneuse.

  • A Recife, sur la côte brésilienne, les habitants d'une rue prospère de Setúbal suivent le cours d'une vie calme, à peine rythmée de quelques désagréments de voisinage. Bia déploient des stratagèmes pour faire taire le chien du voisin, João se réveille dans les bras de son amante de la veille, tandis que Francisco, qui règne en patriarche mystérieux sur la rue, reçoit la visite d'une société de sécurité privée. Peu à peu des rapports de force, passés et présents, se dessinent, parfois inscrits dans l'architecture même de la ville.

  • L'Eté de Giacomo

    Alessandro Comodin

    Campagne du Frioul en été, Giacomo, 19 ans et mal-entendant, traverse une forêt pour se rendre avec son amie Stefania au bord d'une rivière turquoise. Dans ce lieu idyllique, les corps enivrés par le soleil et la nature environnante, improvisent une étrange danse amoureuse. Cette journée d'été semble ne jamais vouloir s'achever et, dans le même temps, suspendue à la fugacité d'un souvenir.

  • Bangkok nites

    Tomita Katsuya

    Bangkok, mégalopole en perpétuelle expansion. En son coeur, la rue Thaniya, quartier rouge destiné à la clientèle japonaise. Luck en est l'une des reines. Elle subvient à sa famille nombreuse demeurée dans une province du nord-est, près de la frontière laotienne. Un jour, elle retrouve Ozawa, un ancien client et amant qui vivote dans une chambre modeste des bas quartiers. Quand Ozawa doit se rendre au Laos, elle l'accompagne pour le présenter à ses proches et comme pour lui donner une dernière chance. Loin de Bangkok, Ozawa aspire à une vie paisible, mais c'est sans compter sur les cicatrices du colonialisme, des guerres, et celles de Luck.

  • En Thaïlande, dans un hôpital de campagne, le Docteur Toey, une jeune médecin, ne répond pas aux timides avances d'un collègue. Pour le réconforter, elle lui raconte son propre amour déçu pour un fleuriste, spécialiste des orchidées.

  • Mundane History

    Anocha Suwichakornpong

    Dans la grande maison bourgeoise thaïlandaise qu'il partage avec son père, Ake est rivé à son lit, paralysé par un accident. Dépendant et mutique de colère, ses journées s'écoulent péniblement. Un aide-infirmier, Pun, est engagé pour s'occuper de lui. Les deux hommes communiquent peu. Pourtant au contact de Pun, l'univers d'Ake se fait de moins en moins immobile.

  • Seuls, ensemble

    David Kremer

    Mer de Barents, au coeur d'un été sans nuit, un navire sillonne les hauts fonds sans relâche. A la frontière du pays des glaces l'océan revêt des couleurs et des formes qui ne cessent d'envoûter. Le danger est omniprésent, la chute à la mer interdite et il n'y a pas de repos tant que le filet remonte plein. Dans les cales, les marins s'attellent au travail à la chaîne. Mais qu'est-ce qui rappelle ces hommes, marées après marées, à ce périlleux quotidien ? Comment tiennent-ils, ensemble ?

  • Vues de ma fenêtre-caméra au cours d'aventures urbaines, des images d'Alger où, enfant, au sortir de l'Indépendance, j'ai appris la liberté, et dont quelques décennies plus tard, immigrée à l'envers et exilée volontaire, j'ai fait ma ville d'élection , j'étais alors "épouse de la république de Madagascar" comme le disait la page de gauche de mon passeport quand la page de droite précisait "de l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire". Non incarnées, des paroles off, intervenant les unes sur les autres, rencontres simultanées de voix polyphoniques, planent sur Alger, la traversent, l'habitent.

  • Années 90, Papouasie Nouvelle-Guinée, Joe Leahy est un entrepreneur agricole prospère. Il propose à la tribu des Ganigas de s'associer à lui pour une vaste culture de café. Son expérience des affaires permet une levée de fonds importante auprès des banques. Les Ganigas apportent la terre et la main d'oeuvre. Les fluctuations boursières et les impératifs des alliances tribales vont soudain mettre à mal le projet. Documentaire culte, l'un des plus primés au monde, "Black Harvest" est le film de la rencontre fracassante d'une société traditionnelle avec le libéralisme économique. Les effets de la mondialisation sont saisis sur le vif par le cinéma direct. L'un des exemples les plus forts de la puissance narrative que peut véhiculer le cinéma documentaire.
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  • Contient : - Les Rebelles du dieu néon : Kan-sheng passe son temps à déambuler dans les rues de Taipei à pied ou en mobylette. Un jour, alors qu'il circule exceptionnellement dans le taxi de son père, il remarque un jeune homme a moto. Ce dernier, agacé par les coups de klaxon de son père, casse le rétroviseur de la voiture. Kang-sheng le retrouve quelque temps plus tard et le suit. - Vive l'amour : Hsiao-kang travaille dans les pompes funèbres. II vend des niches de colombariums, destinées aux cendres des morts. Mei est agent immobilier. Elle vit seule dans un petit appartement. Ah Jung vend des vêtements pour femmes dans la rue, la nuit, en face d'un grand magasin. Par une nuit d'hiver, ils s'introduisent tous les trois dans un appartement vide, au coeur de Taïpei. Ils sont ensemble. Ils sont seuls. - La rivière : Après avoir joué lors d'un tournage de film dans une rivière polluée, Hsiao-kang est saisi d'une étrange douleur dans le cou. Aucun médecin ni guérisseur ne parvient à le soulager de son mal. Son père, qui hante en cachette les saunas gays de la ville, voit sa chambre inondée par une fuite d'eau qu'il n'arrive pas à endiguer. Le père et le fils vont alors se trouver confrontés à leur intimité la plus secrète...

  • Pour mieux comprendre sa vie et, puisque, selon Godard "le cinéma c'est 24 fois la vérité par seconde", David Holzman, apprenti cinéaste dans le New-York des années 60, commence son journal filmé. Revoir le film de sa vie lui permettra peut-être d'en saisir le sens. Mais David Holzman va vite comprendre que l'omniprésence de la caméra dans son quotidien n'est pas sans influencer sa relation aux autres...

  • Figure de la modernité du cinéma canadien, précurseur et défricheur des formes documentaires, monteur virtuose, Gilles Groulx (1931-1994) a signé une oeuvre audacieuse, exigeante et politique qui reste encore à découvrir en France. Il signe, à la fin des années 50, avec Michel Brault, Les Raquetteurs (1958), acte fondateur du cinéma direct. Tour à tour pamphlétaire (Voir Miami), social (Golden Gloves), essayiste (Un jeu si simple) ou brûlot politique (Entre tu et vous), son cinéma documentaire aura nourri en tout point.

  • Contient 2 films : - Les femmes de mes amis : Encore méconnu, pas assez riche, et désespérant d'y changer quoique ce soit à l'âge de quarante ans, Ku Kyung-nam ne peut plus échapper à l'étiquette de "réalisateur art et essai". Lorsque le Festival de Jecheon le sollicite pour être membre de son jury, il accepte avec une idée derrière la tête : peut-être y fera-t-il des rencontres ? - Lost in the mountains : Une femme écrivain découvre qu'une de ses amies a couché avec son amant, l'un de ses anciens professeurs.

  • Au revoir l'été

    Kôji Fukada

    Accompagnée de Sakuko, sa nièce, qui prépare son entrée à l'université, Mikie est de retour dans son village natal pour mener à bien la traduction d'un roman indonésien. La langueur estivale de la campagne japonaise est l'occasion pour Mikie, de renouer avec Ukichi, un ancien amant, gérant d'un love hotel clandestin et pour Sakuko de se rapprocher du timide Takashi, réfugié de Fukushima. L'ambition studieuse de cet été cède peu à peu la place à une rocambolesque ronde affective où la délicatesse et le burlesque ne masquent jamais tout à fait la dureté du Japon contemporain.

  • l'envers d'une histoire

    Turajlic Mila

    Une porte condamnée dans un appartement de Belgrade révèle l'histoire d'une famille et d'un pays dans la tourmente. Tandis que la réalisatrice entame une conversation avec sa mère, le portrait intime cède la place à son parcours de révolutionnaire, à son combat contre les fantômes qui hantent la Serbie, dix ans après la révolution démocratique et la chute de Slobodan Miloševic...

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