Xavier Barral

  • Après Mauvais genre (2016), qui présentait des images du travestissement, Photo perdue. Photo trouvée explore le spectre plus large de la technique photographique en elle-même. C'est à travers neuf thèmes incontournables comme l'identité, le jeu, l'amour ou encore la couleur que nous traversons l'histoire de la photographie mais aussi la façon de la pratiquer. Il est ici question de proposer des images amateurs qui sont liées entre elles par leur sujet et leur technique, mais qui sont surtout des productions anonymes, et dont le résultat visuel est si intéressant qu'il transforme leur statut en oeuvres. Le livre raconte des fragments d'histoires, en mêlant le temps et l'espace, qui se construisent grâce à la diversité du médium et dans laquelle chacun se retrouvera. Chaque série est accompagnée d'un texte qui recontextualise les images dans leur contexte historique.

    Les thèmes :
    La première entrée, Identité, met en relation différentes formes notamment des photographies d'identité judiciaire, médicales, des photomatons ou encore de publicité. Puis vient Amour et désir et l'imagerie de la vie de couple, jusqu'au fétichisme. Tout est raté aborde avec amusement les erreurs, problèmes techniques, mauvais cadrage ou surexposition. La série des Jeux photographiques propose des photomontages, des jeux de miroirs ou des déformations qui aboutissent à une photographie plastique. La vie en couleur explore l'apogée de la photographie couleur et notamment du Kodachrome. Faut que ça bouge traite du mouvement, du corps libéré et de la vitesse. Récits présente des histoires particulières, une femme dans Berlin, un sac... La dernière série, Tout doit disparaître, montre la destruction dans et de la photographie elle-même.

  • Présenté pour la première fois dans sa version intégrale, La longue route de sable est accompagné du tapuscrit original de Pier Paolo Pasolini, daté de 1959. Philippe Séclier, ayant mis ses pas dans ceux du poète, nous rapporte ici - à travers documents, manuscrits, lettres, et ses propres photographies - les étapes d'un voyage singulier le long des côtes italiennes. Comme si ces deux Italie, seulement séparées par le temps, ne faisaient plus qu'une. La longue route de sable a été Lauréat du Grand Prix du livre Thomas Cook en 2005.

  • My blueberry nights

    Wong Kar-Waï

    Ce livre présente des photographies de repérages signées Wong Kar Wai et Darius Khondji prises au cours de la préparation du film My Blueberry Nights.
    " Parfois la distance physique entre deux personnes peut être courte mais la distance émotionnelle se mesurer en kilomètres. "My Blueberry Nights" porte un regard sur ces éloignements, de différents points de vue. J'ai voulu explorer ces étendues, aussi bien au sens figuré que littéral, et les distances qu'il faut parcourir pour en venir à bout. " ...
    " Il s'agit de détails, d'espaces ou lieux qui me font réagir.
    Je les considère parfois comme des personnages. " ...
    " Il y a tant de choix possibles, chaque endroit représente un personnage. Ce sont eux qui me trouvaient, pas moi. À la fin de la journée, je devais faire des choix. Pourquoi choisir tel endroit plutôt qu'un autre ? Lequel provoque la plus forte réaction chez moi ? " ...
    " Quand on fait un si long voyage, la plupart du temps, surtout lorsque nous traversions le Nevada, il arrive que l'on roule pendant huit heures sans que le paysage change. On perd alors le sens de l'espace. Heureusement, il existe des petits détails qui distinguent ces espaces, qui sont révélateurs d'une époque, comme ces panneaux, ces néons ou ces publicités. " ...
    " Après avoir effectué ces trois voyages à travers les États-Unis, j'ai compris quels endroits étaient les plus intéressants pour faire ce film et raconter cette histoire. Je plaisante toujours avec Darius, car lorsque nous avons regardé ensemble ces photos, nous nous sommes dit : le film est terminé. Il était parfois difficile de recréer certains moments incroyables. Après avoir passé quatorze heures sur la route, on se retrouve dans un diner dans le Nevada. Un moment très étrange, comme si nous étions entrés dans la quatrième dimension.
    On prend des photos, mais on ne pourra jamais recréer ces émotions. Le spectateur ne comprendrait pas ces longues nuits. C'est inoubliable. " ...
    Extraits de l'entretien réalisé par Serge Toubiana

  • Fac-similé des 5 albums photos du tournage du film réalisé en 1960. L'ouvrage rassemble quelque 1.000 photos qui ont servi à sa promotion, à l'illustration d'interviews, de reportages ou à un photo-roman. Il présente également la révélation des sources d'inspiration de F. Fellini.

  • " Tu voudrais être aimé comme un pauvre, on ne peut tout de même pas tout leur prendre aux pauvres " ; " C'est tellement simple l'amour !"., " La modernité, c'est vieux comme le monde ", Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment d'un aussi grand amour." Film aux répliques étincelantes gravées dans la mémoire collective, servi par des acteurs inoubliables : Arletty - " On m'appelle Garance. ", Pierre Brasseur (Frédérick Lemaître), Marcel Herrand (Lacenaire), Jean-Louis Barrault (Baptiste), Maria Casarès., Les Enfants du Paradis est la plus belle réalisation du célèbre duo Carné - Prévert. Ce chef-d'oeuvre romantique est d'abord la création du poète Jacques Prévert, amoureux du vieux Paris, du théâtre et du boulevard du Crime, mais Les Enfants du paradis, c'est aussi et surtout une histoire d'amour fou entre une fine fleur du pavé parisien, Garance, et le mime Deburau.
    Le livre, édité à l'occasion de la première grande exposition consacrée aux Enfants du Paradis à la Cinémathèque française, s'attache à faire la part belle aux documents exceptionnels retrouvés à l'occasion.
    Affiches, dessins, photos de tournage, photographies en couleurs, matériels publicitaires, costumes, appareils, vues stéréoscopiques, objets, scénarios, correspondance, extraits de films, rushes, dessins et peintures d'Alexandre Trauner, le décorateur, gouache de Mayo, le créateur des costumes. ce sont plus de 300 documents riches et variés qui permettent une présentation émouvante et passionnante du film. Les photos de tournage, notamment, révèlent la façon dont Marcel Carné et son équipe travaillaient dans les conditions parfois difficiles, la comparaison entre les projets de costumes de Mayo - gouaches très colorées - et les costumes eux-mêmes, est très éclairante.
    Emaillé de textes de spécialistes le livre dévoile les sources d'inspiration du film, raconte l'histoire de la production sous l'Occupation, revient sur les relations complexes entre Carné et Prévert, en proposant notamment une étude comparative entre le scénario de Prévert et les découpages techniques de Carné ; sans oublier les portraits des acteurs, techniciens, producteurs ; la musique ; et la promotion et l'exploitation du film qui a connu un succès international constant et est aujourd'hui classé par l'Unesco au patrimoine mondial.

  • Agnès Varda ; Cuba

    Agnès Varda

    Exposition « Varda Cuba » Galerie de photographies : Centre Pompidou, Paris : 11 novembre 2015 - 1er février 2016 .

    Varda Cuba En décembre 1962, deux mois seulement après la crise des missiles, Agnès Varda se rend à Cuba. Elle est alors, comme bon nombre d'intellectuels français, fascinée par cette île et son leader charismatique, et souhaite réaliser un film pour comprendre ce mélange si particulier de socialisme pur, de sensualité et de cha-cha-cha. Afin de conserver sa liberté de mouvement, elle troque la caméra pour l'appareil photo, avec l'idée de filmer ensuite ses photographies réanimées au banc-titre. Bien que n'ayant pas été conçues comme de la photographie d'art, les clichés de Salut les cubains (1964), présentés pour la première fois dans cet ouvrage, sont d'une qualité exceptionnelle. C'est de la street photography sans contrainte. On y retrouve le style à la fois vif mais toujours bienveillant d'Agnès Varda. L'artiste crée avec cette série une tension entre images fixes et images animées qui réside au coeur de son oeuvre. L'ouvrage présente également les archives - canets de notes, croquis, pages de montage - d'Agnès Varda et quatre textes s'attachant à replacer le travail de l'artiste dans son époque (François Hourmant), à décoder les liens entre photographie et cinéma (Valérie Vignaux et Karolina Lewandowska), et à porter un regard sur l'ensemble de son oeuvre (Clément Chéroux).

    Agnès Varda Réalisatrice et photographe, Agnès Varda a grandi à Bruxelles puis à Sète avant de s'installer à Paris pour suivre des études de photographie à l'École des beaux-arts et d'histoire de l'art à l'École du Louvre. Photographe des débuts de Jean Vilar en Avignon, puis de la troupe du TNP et du Théâtre de Chaillot, elle se fait connaître grâce à ses photographies de Gérard Philipe et de Maria Casarès. En 1954, avec des moyens de fortune, elle tourne son premier long métrage de fiction, La Pointe courte, pour lequel elle choisit Alain Resnais comme monteur et deux acteurs du TNP, Silvia Monfort et Philippe Noiret, alors débutants au cinéma. Ce coup d'essai audacieux, mêlant chronique réaliste et étude psychologique, s'inscrit dans la mouvance naissante de la Nouvelle vague. Le succès public suivra en 1961 avec Cléo de 5 à 7 tandis que Le Bonheur décrochera le prix Louis-Delluc en 1965. La réalisatrice s'installe ensuite à Los Angeles où elle fréquente, entre autres, Andy Warhol et Jim Morrison. Elle y tournera notamment Lions love, une fiction hippie. Documentariste, Agnès Varda est aussi le témoin de son époque, évoquant les luttes féministes dans L ' une chante, l'autre pas (1977) ou la condition des sans-abris dans Sans toit ni loi (1985, Lion d'Or à Venise), ou Les glaneurs et la glaneuse (2000) qui a pour cadre la société de consommation. Elle reçoit en 2001 un César d'honneur et la Palme d'or d'honneur à Cannes en 2015 pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Charlie Chaplin

    Collectif

    Alors que le personnage de Charlot fête ses 100 ans cette année, l'album Keystone, présenté dans cet ouvrage, est publié pour la première fois dans son intégralité. Le format, presque identique, et la reliure à vis à l'image de celle des albums de photographies typiques de l'époque, sont un clin d'oeil à l'objet original. Glenn Mitchell, plus de 60 ans après sa conception, a mené une véritable enquête pour identifier l'auteur du mystérieux l'album, resté longtemps sans auteur ni date. Selon toute vraisemblance, il s'agirait de H.D Waley, fervent admirateur de Chaplin et défenseur du cinéma muet.
    Cet album photographique à l'ancienne est un objet réellement fascinant : réalisé méticuleusement par ce fin connaisseur du travail de Charlie Chaplin, il témoigne en 1930 des premiers pas de Chaplin face aux caméras. Chaque planche est composée de photogrammes annotés manuellement, retraçant les histoires de 29 des 35 premiers courts métrages de Chaplin, réalisés en 1914 pour la Keystone Company. Véritable mise en image des début de Chaplin au cinéma, l'album révèle une prise de pouvoir progressive de Chaplin face à la caméra. Sous nos yeux, au fil des scénarios reconstitués, le jeu d'acteur de Chaplin évolue jusqu'à voir émerger - d'abord de manière un peu brouillonne puis de plus en plus ostensiblement - le personnage bien connu de Charlot. On reconnaît déjà sa dégaine, certains gestes caractéristiques du personnage, des mimiques et un humour bien à lui.

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