Vendemiaire

  • E maquillage du Joker a envahi les manifestations de lutte sociale, la cornette des « servantes écarlates » celles de défense des droits des femmes. Une déclaration de J.K. Rowling sur les femmes transgenres a déclenché le courroux des fans de Harry Potter. Quant à Game of Thrones, nombreux sont ceux qui y lisent l'invasion de marcheurs blancs comme une allégorie de la catastrophe climatique à venir.
    Indubitablement, les littératures de l'imaginaire, longtemps perçues comme de simples moyens d'évasion, sont devenues un creuset de mobilisation civique, des arènes où se jouent de féroces affrontements militants.
    On peut y voir l'affirmation exaltante d'une capacité des fictions grand public : celle de parler de notre époque, pour changer les mentalités ou rêver le futur. Mais ce mouvement va de pair avec une profonde transformation du statut des lecteurs et des spectateurs. Qui vont désormais jusqu'à contester l'autorité de l'auteur sur sa propre création...
    Anne Besson, grande spécialiste des mondes alternatifs, décrypte les ressorts et les enjeux de ce rôle politique, à présent déterminant, que jouent la fantasy et la science-fiction dans nos sociétés.

  • Du visage de Greta Garbo dans La Reine Christine en 1933 à celui, défiguré, de Jeff Goldblum dans La Mouche en 1986, des montagnes brutes filmées dans Visages d'enfants de Jacques Feyder en 1925 aux forêts symboliques imaginées par Terrence Malick pour Le Nouveau Monde en 2005, des trucages cinématographiques utilisés par Méliès dès 1896 aux technologies numériques à Pauvre dans Gravity en 2013...

    Chacune de ces images fortes, sensibles, témoigne de métamorphoses, de réinventions, de basculements du cinéma à travers les âges, par le prisme de ce qu'en ont fait réalisateurs, acteurs, spectateurs, techniciens ou théoriciens. Et chacune sert de point de départ à une exploration thématique et historique du septième art. Corps, décors, effets spéciaux, couleurs, montage, rires, larmes : à rebours d'une évolution continue et linéaire, cette approche très complète et pourtant très personnelle, signée de deux auteurs parmi les plus réputés, met en lumière les influences et tendances qui traversent les films, grands classiques ou méconnus, au gré des époques et des continents.

  • Entre caprices des divas, exploits des cascadeurs, oeuvres monumentales - Scipion l'Africain et ses dizaines d'éléphants - et chefs-d'oeuvre comiques ou sulfureux comme Campo de' Fiori ou Les Amants diaboliques, le cinéma italien des années 1920 à 1945 a témoigné d'une créativité extraordinaire, aujourd'hui encore méconnue en France. Marqué par le fascisme (Mussolini en fit un outil majeur de sa propagande), il ne s'y est pourtant jamais résumé et a jeté les bases du cinéma moderne : Cinecitta, la Mostra de Venise, mais aussi les premiers films de Visconti et Rossellini, entre autres.
    Ce dictionnaire se veut une synthèse accessible des acteurs, actrices, grandes oeuvres, ainsi que du contexte de production. Une somme inédite, appelée à devenir une référence.

  • Succès mondial au box-office lors de sa sortie, récompensé par l'Ours d'Or du Festival de Berlin en 2002 et l'Oscar du meilleur film d'animation en 2003, Le Voyage de Chihiro continue de faire rêver enfants et adultes avec son univers merveilleux, ses créatures enchantées et ses dessins féeriques.

    Ce film devenu culte recèle cependant bien des mystères. Conte philosophique, fable universelle ou critique de la société contemporaine, il puise ses racines aussi bien dans la mythologie japonaise que dans la littérature occidentale. Manga, folklore, psychanalyse, romantisme allemand : autant de références qui se rencontrent dans ce récit d'aventures initiatique et captivant. Eithne O'Neill décrypte les secrets du chef-d'oeuvre d'Hayao Miyazaki, maître incontesté de l'animation japonaise.

  • Sur fond de paillettes, de rythmes endiablés, d'histoires d'amour passionnées et dramatiques, de Chantons sous la pluie à La La Land en passant par Cabaret et Les Demoiselles de Rochefort, les comédies musicales émeuvent et transportent leurs spectateurs depuis la fin des années 1920.
    De façon inédite, l'auteur explore les différentes facettes de ce genre cinématographique à part entière sous la forme d'un dictionnaire. À travers des entrées de films, d'artistes, mais également de thématiques et de chansons devenues cultes, passionnés, curieux et néophytes pourront y découvrir et redécouvrir un univers à la fois extraordinairement classique et porteur de subtiles transgressions de l'univers des grandes productions.

  • En visite chez des voisins dans une banlieue huppée du nord-est des États-Unis, Ned Merrill (Burt Lancaster) décide de rentrer chez lui en traversant la vallée à la nage, de piscine en piscine. À travers ce voyage, tant physique que mental, The Swimmer dresse un portrait acerbe de l'Amérique des années 1960 et annonce la révolution formelle et la critique sociale du Nouvel Hollywood.
    Tour à tour western moderne, road movie, drame psychologique et fable érotique, à la fois allégorie anticapitaliste, métaphore de la fin de l'âge d'or hollywoodien et vanité audiovisuelle, The Swimmer a l'ironie mordante du pamphlet, l'étincelante beauté du poème et la puissance du mythe.

  • A Manderley, fastueuse demeure des Cornouailles, se joue un drame fascinant. La jeune épouse du riche Maxim de Winter, confrontée à une terrifiante gouvernante, Mrs Denvers, se trouve en butte au souvenir de la première épouse de Maxim, l'énigmatique Rebecca, qui semble hanter encore les lieux.
    Premier film américain de Hitchcock, l'un de ses plus célèbres, Rebecca valut l'oscar au réalisateur. Mais étaitce vraiment son film, ou celui du producteur, David O.
    Selznick, internationalement reconnu pour Autant en emporte le vent et omniprésent sur le tournage ? Deux visionnaires pour une oeuvre magistrale analysée en détail dans un ouvrage combinant descriptions de séquences, études comparatives, lectures critiques et destiné aussi bien aux cinéphiles amateurs qu'aux futurs professionnels.

  • Prix de l'Âge d'or à Bruxelles en 1985 et 1988, Palme d'or au Festival de Cannes en 2008 : le cinéaste portugais Manoel de Oliveira figure parmi les plus grands réalisateurs du XXe siècle. Il connut le temps du muet, annonça le néoréalisme avec Aniki Bobo, fut frappé par la censure salazariste, avant de retrouver le chemin du cinéma jusqu'à un ultime court-métrage, Le Vieillard du Restelo, réalisé à 105 ans.
    Créateur de mondes, hanté par le passé et les morts, Manoel de Oliveira dirigea les plus grandes vedettes : Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, John Malkovich... Déchiffrer cette oeuvre, plastiquement somptueuse, protéiforme par ses thématiques et multiples influences empruntées à la littérature, au théâtre, à l'opéra, c'est recnnaître toute son importance à un cinéaste mythique.

  • Le Corbeau, Quai des orfèvres, Le Salaire de la peur, L'Assassin habite au 21, Le mystère Picasso :
    Tous ces films font partie intégrante du patrimoine culturel français. Leur auteur : Henri-Georges Clouzot, véritable maître du suspens, seul réalisateur avec Michelangelo Antonioni et Robert Altman à avoir remporté au cours de sa carrière le Lion d'or de la Mostra de Venise, la Palme d'or du Festival de Cannes et l'Ours d'or du Festival de Berlin.
    Or cette oeuvre si riche n'avait pas fait jusqu'à présent l'objet d'une étude proprement biographique, tant on s'est attaché jusqu'ici à analyser le style de Clouzot, son sens de la mise en scène et de la direction d'acteurs.
    Pourtant, toute son inspiration, il l'a trouvée au fil d'une vie dont la connaissance éclaire le processus de création.

  • Fantômas, génie du crime, héros littéraire de la Belle Époque, objet de fascination pour les surréalistes, pour Magritte ou pour Desnos, devient star du cinéma muet en 1913 grâce à Louis Feuillade.
    Feuilleton à épisodes d'une rare créativité, le Fantômas cinématographique donne au bandit l'une de ses incarnations les plus abouties, rivalisant d'imagination pour donner à voir l'ascendant que possède le criminel masqué sur le reste du monde.
    Et pour en arriver là, le cinéma fait des prodiges : plans fixes, hors-champ, scénographie inventive, montage audacieux... Un classique du cinéma muet, d'une très grande modernité formelle, qui a à son tour contribué au mythe du « maître de l'effroi ».

  • Si Mickey est aujourd'hui une icône populaire, symbole de la culture de masse américaine et de la télévision pour enfants, il fut, en son temps, un véritable héros du cinéma hollywoodien. Bien loin du logo de multinationale qu'elle est devenue, la souris excentrique a d'abord été inspirée par de grands artistes muets tels que Chaplin pour sa poésie ou Fairbanks pour son sens du mouvement. En les imitant mais aussi en se donnant pour seules limites celles de son imagination, Walt Disney en a fait un acteur à part entière. Clément Safra nous plonge dans l'histoire d'un personnage singulier aux multiples identités, devenu une star plus connue que les stars elles-mêmes.

  • Alors que la très attendue série Wayward Pines s'apprête à sortir sur les écrans, un retour documenté sur l'oeuvre de M. Night Shyamalan, reconnu aujourd'hui comme l'un des plus grands réalisateurs de science-fi ction. De Sixième Sens à Signes , en passant par Le Village et Incassable , un collectif d'auteurs dynamiques et largement reconnus par la communauté cinéphile comme les plus fi ns critique de son oeuvre, décrypte une oeuvre où le surnaturel fl irte avec le quotidien, pour réenchanter le monde.

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