Rouge Profond

  • Les huit contributeurs de ce volume rendent compte de la richesse et de la profondeur du cinéma du maestro de l'épouvante. Bianca Concolino insiste sur les liens qu'entretient Argento avec certains écrits ; Alice Laguarda s'attarde sur les spécificités du giallo au sein de sa production ; Cécile Carayol se penche sur l'intense matière musicale de ses films ; Frédéric Astruc met en exergue les rapports qu'Argento entretient avec Freud ;
    Nathan Réra relève les nombreuses connexions artistiques établies par le maestro dans ses oeuvres ; Denis Mellier dresse le bilan de la dernière période de création d'Argento ;
    Jean-Michel Durafour enquête sur la présence des insectes dans ses films ; quant à Guy Astic, il s'attache à la dimension fantomale de son cinéma. Le tout est richement illustré.

  • Casualties of war ; de Daniel Lang à Brian de Palma Nouv.

    Outrages (1990) est l'un des films les plus personnels de Brian De Palma, dont il a caressé le projet pendant vingt ans avant de réussir à lui donner forme. Le long métrage narre l'enlèvement, le viol puis le meurtre d'une jeune paysanne par une escouade de soldats durant la guerre du Vietnam, et les efforts d'un militaire, qui a refusé de participer au crime, pour faire condamner les coupables. Mais avant d'être l'un des films majeurs sur le sujet, Casualties of War est l'enquête d'un très grand reporter étasunien : Daniel Lang. Le livre de Nathan Réra revient sur la genèse et la fabrique du film, mène une enquête approfondie à partir d'archives inédites et de nombreux entretiens. Cela aboutit à un passionnant livre-dossier sur un film brûlot, toujours ardent trente après sa sortie.

  • Ce beau-livre très illustré célèbre le rapport entre cinéphilie, mémoire et objets, tout en questionnant la tradition onirique au cinéma. Attiré par les mondes parallèles, les formes insolites et les trips hallucinés, Potemkine a développé depuis la parution de son premier DVD, Requiem pour un massacre en 2007, une approche visionnaire du médium en faisant cohabiter dans son catalogue des réalisateurs aussi marquants qu'Andreï Tarkovski, Nicolas Roeg, Lars Von Trier ou Werner Herzog. Enquête sociologique, essai théorique, objet poétique, ce volume rassemble autant les propos d'acteurs de l'édition indépendante en France que la pensée de cinéastes qui ont marqué l'histoire (Harmony Korine, David Lynch, Lucile Hadzihalilovic, Yann Gonzalez, Hicham Lasri, Bertrand Mandico, Gaspar Noé, etc.).

  • Scarlett Johansson. On entend déjà la star à l'intérieur de ce patronyme aux syllabes lascives. On entend les courbes serpentines des lettres qui se répercuteront sur les courbes de son corps. On entend les origines danoises, les voix de ces sirènes mythologiques d'Andersen, envoûtantes de gravité, nous chantant un Summertime qui nous fera désirer nous noyer dans l'abîme de l'écran. On entend la fascination.
    Évoquant toute la filmographie de l'actrice, depuis la première séquence culte de Lost in Translation jusqu'à son incarnation de la Black Widow des Avengers, en passant par Woody Allen qui a fait d'elle une créature cinématographique idéale, l'auteure tente de saisir ce petit plus qui permet à un simple être humain de devenir une déesse au sein du panthéon des stars de cinéma.

  • Cinéaste majeure, seule réalisatrice oscarisée (pour Démineurs), Kathryn Bigelow reste mal identifiée par la presse et le public. Sans doute parce qu'elle est à la fois populaire et avant-gardiste, classique autant qu'expérimentale, post-féministe et politique. En redessinant à travers dix films (entre autres, Aux frontières de l'aube, Point Break, Blue Steel, Strange Days, Zero Dark Thirty) les frontières éthiques, physiques et sexuées, les limites entre la vie et la mort, la réalité et la virtualité, Bigelow a fait exploser les genres cinématographiques. Son cinéma, voué aux cauchemars étasuniens, est tour à tour claustrophobe et libérateur, frontal et viscéral, entre fresque et spectacle, hyperréalisme et abstraction, intime et collectif.

  • Tout en dégageant les origines du sousgenre, Pascal Français revient sur Scream et sa franchise qui ont engendré une nouvelle vague de teen slashers.
    Convoquant par la suite plus d'une cinquantaine de films (de All Cheerleaders Die à ÇA, en passant par Carrie, Black Christmas, les Freddy, Grave, Super 8, jusqu'au remarquable It Follows), il insiste sur les angoisses matérialisées par les monstres de la teen horror, sur les rapports de pouvoirs et les rapports de sexe qu'elle évoque et qui ne sont plus les mêmes que jadis - faisant ainsi un focus passionnant sur les films d'exorcisme. Le sous-genre est plus ample et plus radical qu'on peut le croire, rendant compte des bouleversements de la société qu'il dépeint.

  • Ou celles qui ont dit : « Non ! » Mais « non » à quoi exactement, et, déjà, qui sont-elles ces guerrières, au nombre de vingt-sept ?
    D'Arletty à Mae West, en passant par Martine Beswick, Greta Garbo, Brigitte Lahaie, Marilyn Monroe, etc., elles étaient les actrices qui ne respectaient pas les convenances ou ne rentraient pas dans le moule. Celles qui défièrent l'Europe, Hollywood et leurs diktats. Toutes ces enjôleuses, scandaleuses, séductrices, provocatrices, ravagées, révoltées, agressives, insoumises, féministes, exhibitionnistes, bouffonnes, garçonnes, badines, libertines, activistes, anarchistes, battantes, marrantes, ou encore quelques sublimes icônes trop tôt disparues, mais pour autant toujours vivantes en nos mémoires. Vingt-sept stars hors norme en quête d'autonomie à tous prix.

  • Voilà un état des lieux de la carrière japonaise de Sono Sion qui compte plus de quarante films réalisés.
    Alternant entretiens et analyses, Constant Voisin cerne de près le parcours personnel, les intentions et la fabrique transartistique d'un cinéaste né en 1961 à Aichi et entré de façon fracassante sur la scène internationale avec Suicide Club en 2001. Se lisant tel un roman dont le héros est un artiste subversif malmenant les tabous et obligations sociales du Japon, le livre offre une fresque dans laquelle le réalisateur poète nous conte son histoire hors normes mais aussi celle d'un pays dont il finit par chercher désespérément la sortie. Sono Sion revient notamment sur la violence sociale, les dysfonctionnements de la famille, les perversions sexuelles et déviances en tous genres.

  • 2019 : les éditions Rouge Profond fêtent leurs 20 ans de parutions, et le 100e livre publié. Essentiellement des ouvrages sur le cinéma, dont la plupart sont devenus des textes de référence. Le soin apporté aux images et la qualité de la mise en page ont été souvent salués. Pour la publication du centième livre, c'est tout naturellement que Guy Astic, directeur des éditions, a demandé à cent contributeurs et contributrices (auteur.e.s de livres chez Rouge Profond, proches et ami.e.s) un texte d'une page sur le plan de cinéma de leur choix - reproduit en un, deux ou trois photogrammes. Les textes sont variés, allant de l'analyse filmique au poème, en passant par le fragment, la lettre, la citation... L'ensemble compose une anthologie d'exception voué à la richesse des cinémas du monde.

  • Mai 1962. Les kiosques à journaux affichent la photo saisissante d'un loup-garou aux prises avec une voluptueuse jeune femme. En lettres noires et rouge sang brille pour la première fois un nom appelé à la postérité : Midi-Minuit Fantastique. Tout au long des années 1960, ces trois mots magiques résonnent comme la plus intense des promesses... Après deux volumes regroupant les numéros 1 à 11, salués par toute la presse comme une réalisation éditoriale majeure, voici venir le volume 3 de cette intégrale fantastique, préfacé par Edith Scob, réunissant les numéros 12 à 17. Il comporte aussi un DVD proposant plusieurs courts métrages, surtout l'indédit Dracula de Jean Boulet et Druillet.
    Manière de fêter comme il se doit la renaissance d'une revue devenue littéralement mythique.

  • Possession (1981) d'Andrzej Zulawski est un film tentaculaire et sans cesse régénéré, traversé par une actrice (Isabelle Adjani) en transe. L'ouvrage que lui consacre Jérôme d'Estais approche le mystère d'une oeuvre abstraite et physique devenue culte, en commençant par investir les lieux où elle vit le jour, à Berlin, en pénétrant dans son cosmos, gorgé de sens et de signes. Mais tout comme aucune vision ne l'a jamais asséché, aucune interprétation n'enlèvera jamais au film ni sa force, ni son mystère. Conscient qu'il a été pour son réalisateur son double autant qu'une exorcisation mise en images, cet essai est une tentative de dompter ce monstre magnifique devenu le nôtre, avec des images d'une intensité telle qu'elles continuent à bousculer notre théâtre intérieur.

  • Trente épisodes auront suffi pour faire de twin peaks, série créée en 1990 par mark frost et david lynch, l'une des références majeures de la télévision.
    Au commencement : l'assassinat de la reine de beauté de la ville, laura palmer, dont l'existence s'avère plus sombre que les apparences ne le laissent supposer. l'agent dale cooper découvre l'envers du décor, les histoires secrètes des habitants, ces présences qui rôdent dans la forêt de ghostwood. son enquête s'inscrit dans un feuilleton creuset mêlant le soap opera, le fantastique, le paranormal, le film noir, le teen marie, le burlesque.
    Ce qui n'a pas manqué d'influencer x-files, buffy contre les vampires, six feet under, desperate housewives. sans être le seul artisan de twin peaks, david lynch y a imposé un style visuel et une tournure narrative singulière qui intensifient les mystères. il combine là continuité et plasticité, assume les tensions entre cinéma et télévision. devant cette oeuvre hybride, il nous faut ouvrir les perspectives à la mesure de laura palmer, corps éteint et figure incandescente qui, du petit au grand écran, ne se résout pas à mourir.
    Un mythe moderne a ainsi pris forme ni plus, ni moins.

  • Ce volume forme un diptyque avec Hollywood classique. Le Temps des Géants (novembre 2009), sur l'histoire des formes, des figures et des genres du cinéma hollywoodien. Il met l'accent sur la période allant des environs des années 1960 à nos jours. L'ambition est de proposer un parcours varié, sans prévention hiérarchique, dans un répertoire populaire immense, à grand spectacle, à l'origine de codes précis, d'esthétiques sans cesse renouvelées, d'échanges transartistiques (théâtre, opéra, musique, cinéma, télévision, etc.), mais aussi de créations originales et d'oeuvres d'auteurs à part entière. L'ouvrage articule l'approche diachronique et privilégie les effets de filiations, d'échos, d'écarts, les transferts d'un cinéaste à l'autre, d'un genre à l'autre, les persistances ou infléchissements thématiques, idéologiques, techniques, etc. Ce volume met à l'honneur Steven Spielberg, Star Wars, Martin Scorsese, John Huston, Night Shyamalan, Sydney Pollack, Stanley Kubrick, Francis Ford Coppola, Joe Dante, Robert Mulligan, Clint Eastwood, Ridley Scott, Brian De Palma, le film catastrophe, la romance, Terrence Malick. L'ultime chapitre porte sur Avatar et la 3D - rendant compte de la nouvelle révolution à l'oeuvre du côté d'Hollywood.

  • Le cinéma n'a de cesse de jouer avec la fumée, le brouillard, la brume. Stéphane Bex en fait le constat dans ce livre très illustré, livrant une longue introduction avant de déployer un abécédaire privilégiant les films et les motifs essentiellement fantastiques. Il élabore ainsi une histoire d'un matérialisme cinématographique en lien avec le travail des poussières, l'enroulement des fumées, l'avancée des brumes, l'invasion des brouillards. Si Fog de John Carpenter, Crimson Peak de Guillermo del Toro, Alien de Ridley Scott, Le Chien des Baskerville sont mis à l'honneur nombre d'autres réalisations et cinéastes sont évoqués : les films de Tim Burton, de William Friedkin, de Kiyoshi Kurosawa, Le Prisonnier d'Azkaban, L'Homme qui rétrécit, L'Homme invisible, Scream, Le Magicien d'Oz...
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  • Voici la traduction française de Paura (2014), où Dario Argento, maître de l'horreur transalpine, se raconte ! Une autobiographie superbement écrite, qui se lit comme un roman. Le cinéaste revient sur sa vie privée, sa rencontre avec un fantôme, ses parcours artistiques, ses débuts dans la critique de cinéma, ses rapports avec Sergio Leone, Bertolucci, ses préférences pour Lang, Hitchcock, La Nouvelle Vague. Surtout, il détaille sa plongée dans le cinéma de genre, notamment le giallo, dont il a renouvelé et intensifié les codes avec L 'Oiseau au plumage de cristal (1969), Les Frissons de l'angoisse (Profondo Rosso, 1975) et Suspiria (1977)... Le livre nous ouvre grandes les portes de l'atelier du maestro de la peur et nous fait accéder aux secrets les mieux gardés de son oeuvre.

  • Richement illustré, le second opus de l'intégrale Midi-Minuit Fantastique publiée en quatre volumes jusqu'en 2017, l'ouvrage, préfacé par Barbara Steele, réunit les numéros 7 à 13 de la revue mythique des années 1960.
    Outre le fameux numéro 8 sur le sexe et l'épouvante en Angleterre, censuré en son temps, et quasi introuvable aujourd'hui, on retrouve des textes sur Le Voyeur de Powell, Blood Feast, Barbara Steele, Marie Devereux, Corman, Tourneur, Ulmer, les cinémas fantastiques espagnol et japonais, Castle, Fisher, Freda, Franju, un entretien avec Druillet, un dossier inédit sur Sylvie Bréal...

  • Nous sommes au Festival de Cannes en 1988. Un fi lm bouleverse la Croisette. Son titre, De bruit et de fureur . Son auteur, Jean-Claude Brisseau. Aujourd'hui encore, le nom de Brisseau demeure en partie associé à cette réussite. Mais il y a le reste qui constitue une fi lmographie parmi les plus singulières du cinéma français depuis trente ans : Noce blanche (grand rôle de Vanessa Paradis), Céline , Les Anges exterminateurs , Choses secrètes , La Fille de nulle part , Les Savates du bon Dieu .
    Une singularité qui tient en trois points essentiels : la transmission du savoir et des émotions, le goût de la culture populaire mixé à l'expérimentation des récits, l'universalité des questionnements sur l'existence en milieu hostile.

  • Entre 1956 et 1962, Alfred Hitchcock a réalisé vingt films pour la télévision dans le cadre des séries qu'il produisait, Alfred Hitchcock Presents, Suspicion et The Alfred Hitchcock Hour. Ceux-ci constituent un fragment essentiel de sa filmographie, rendu possible par le contexte de la crise des studios hollywoodiens et l'éclosion de la télévision commerciale aux États-Unis. Ils ont contribué à l'image de marque « Hitchcock » (ses apparitions, sa silhouette) et étendu la popularité planétaire du cinéaste. Phénomène industriel et médiatique, l'ensemble de ces téléfilms méritent une analyse en profondeur, surtout pour faire apparaître une théorie hitchcockienne de la télévision, entre épure, contrôle social et voyeurisme.

  • En 1954, Godzilla envahit les écrans de l'archipel nippon et impose un tout nouveau genre cinématographique : le kaiju eiga (films de monstres géants). Le monstre devient l'incarnation d'un péril atomique hantant le Japon. Propulsé comme spécialiste de la science-fiction, Ishirô Honda livre une oeuvre où l'espèce humaine affronte les kaiju (Rodan, La Guerre des Monstres) et les menaces venues de l'espace (Prisonnières des Martiens, Gorath), avant de subir elle-même des mutations irréversibles (L 'Homme-H, Matango).
    Même si l'ombre du champignon nucléaire domine, sa filmographie se nourrit d'espoir et d'utopies (Latitude Zero, Les envahisseurs attaquent). Premier ouvrage français consacré à Honda, ce volume très illustré propose plusieurs entretiens avec d'anciens collaborateurs du cinéaste.

  • Consacré à la J-Horror, expression désignant les films d'horreur nippons tournés à partir de la fin des années 1980, cet essai revient sur les racines du genre qui plongent dans une riche tradition culturelle, tout en évoquant le Japon d'aujourd'hui, ses mutations et ses crises. La part belle est donnée au mythe moderne de Sadako, le fantôme de Ring, créé par l'écrivain Koji Suzuki, repris dans le film de Nakata et ses suites, sans oublier les remakes américains. Sont aussi explorés les lieux privilégiés de la J-Horror, ainsi que les légendes urbaines, comme celle d'Hanako, la femme défigurée. L'ensemble est enrichi d'entretiens réalisés au Japon par l'auteur avec les créateurs majeurs de la fiction d'horreur nippone, réunis pour la première fois dans un ouvrage en France.

  • Il y a dans le cinéma de Terrence Malick un peu plus que du cinéma. C'est à ce supplément que Philippe Fraisse consacre son essai richement illustré. Les films de Malick, depuis La Balade sauvage jusqu'au prochain Knight of Cups, en passant par Les Moissons du ciel, La Ligne rouge, Le Nouveau Monde, Tree of Life, À la merveille, offrent un imagier bruissant de voix chuchotantes qui invite à la méditation et à une expérience intérieure. Dans le vacarme des sociétés de contrôle médiatique une oeuvre telle, avant tout exigeante en silence, a peu de chance d'être saluée par autre chose que les plus grossiers contresens. Malick est travesti en prosélyte de l'église épiscopalienne, en propagandiste du christianisme. Est-il question chez Malick de Trinité ou d'Incarnation, ou bien plus simplement d'anges, d'amour et de théophanie ? Dans nos troupeaux où tout se revendique et se milite, où chaque élan de la vie est ramené à une succession de calculs économiques, le spirituel est condamné d'emblée comme religieux. Terrence Malick reste notre contemporain. Sa quête de pureté nous interpelle, et s'il peut être qualifié de poète pastoral, c'est parce qu'il filme la nature d'une façon incomparable en parvenant à en capter la brillance et l'éclat, saisissant une lumière qui est la manifestation d'une lumière invisible, celle de l'esprit. Le texan Malick n'est ni un prédicateur ni un écologiste. Les images qu'il nous propose ne sont pas des tableaux édifiants. Jamais chez ce cinéaste ce qui est donné à voir ne relève du spectacle, posé devant nous comme artifice à consommer. Il cherche les images-états, les images-perceptions qui effacent la distance du sujet à l'objet afin d'ouvrir un espace qui n'est plus de contrôle ou de représentation mais de présence. Plus que tout Malick aime filmer les abords des rivières, et les embarcations réelles ou figurées qui les parcourent. Puisse son cinéma, contre toute certitude, irriguer à nouveau les lits des rivières asséchées, et rendre à nos vies les symboles dont nos vies se nourrissent.

  • Lalo Schifrin est l'un des très importants compositeurs de la modernité cinématographique et de l'espace hollywoodien en son entier du film fantastique comme Amityville à Opération Dragon (Tarantino ne cache pas qu'il adore cette musique) et Rush Hour, sans oublier les génériques de
    séries télévisées passés à la postérité : ceux de Mannix, de Starsky and Hutch et celui de Mission impossible, le plus célèbre thème de série jamais conçu pour la télévision. Créateur prolifique dans le domaine de la bande-son (plus de trois cents partitions), il est aussi musicien de jazz : il fut, comme pianiste,
    compositeur et arrangeur, l'un des compagnons privilégiés de Dizzy Gillespie pour qui il a écrit, en 1961, la célèbre suite Gillespiana. Il a également donné des partitions classiques et des pièces contemporaines pour cordes. Georges Michel s'est entretenu avec Lalo Schifrin à Los Angeles. Durant une semaine, l'artiste a évoqué son apprentissage, sa fréquentation du milieu du jazz, ses idées sur la musique de films, ses liens à Hollywood (notamment ses collaborations marquantes : avec Don Siegel, John Boorman, Georges
    Lucas, Clint Eastwood, Peter Yates, Sam Peckinpah), ses méthodes compositionnelles. Il livre des anecdotes passionnantes à propos des personnalités qu'il a côtoyées (Gillespie, Count Basie, Quincy Jones...), revient sur sa collaboration houleuse avec William Friedkin pour L'Exorciste (dont il a composé la première bande originale). Le livre d'entretiens issu de cette rencontre est accompagné de la discographie complète de l'artiste, et enrichi d'une iconographie largement nourrie par les archives personnelles de Schifrin.

  • En 1976, avec Je suis un autarcique, surgit un surdoué s'imposant très vite comme la figure dominante de sa génération.
    Nanni Moretti est un cinéaste exigeant aux positions morales et politiques fortes. Acteur et réalisateur de films où il incarne des doubles de soi, étudiant (Ecce Bombo), cinéaste (Sogni d'oro), professeur de lycée (Bianca), prêtre (La messe est finie), homme politique (Palombella rossa), père de famille (La Chambre du fils), psychanalyste (Habemus Papam), fils (Mia madre), il explore les angoisses existentielles de l'individu plongé dans une société privée de repères.
    Dans cet ouvrage illustré, Nanni Moretti revient sur toute sa production, apparaissant comme une figure essentielle du cinéma italien, artiste protéiforme, intellectuel vigilant et chef d'entreprise avisé.

  • L'oeuvre de Samuel Fuller est d'une force irrésistible et sa vie un roman : elle a nourri ses livres, ses nouvelles, ses articles et ses films. Sa filmographie fut surtout riche de 1949 à 1964, avec des films noirs (Le Port de la drogue, La Maison de bambou), des westerns (Quarante tueurs, J'ai tué Jesse James) et des films de guerre (J'ai vécu l'enfer de Corée, Au-delà de la gloire), genre qu'il nourrit de son expérience de vétéran de la Seconde Guerre mondiale. D'autres oeuvres paraissent davantage inclassables, comme Shock Corridor, Police spéciale et Dressé pour tuer, adaptation du texte de Romain Gary sur le racisme. Richement illustré, le livre met à jour des faits inconnus et significatifs sur la vie et l'oeuvre d'un réalisateur dont l'engagement et l'énergie surprennent encore.

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