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  • Dialogue sur l'art et la politique Nouv.

    Deux artistes de deux pays et deux générations très différentes, Ken Loach et Edouard Louis, échangent sur l'art, le cinéma, la littérature et leur rôle aujourd'hui. Comment l'art peut-il, notamment, poser et repenser la question de la violence de classe ? Comment représenter les classes populaires comme ont tenté de le faire les deux auteurs du présent livre dans leur travail ? Et quel est le rôle de l'art dans un contexte politique mondial où les plus précaires se tournent vers l'extrême-droite ? Comment repenser la gauche pour défaire cette tendance, palpable tant dans la montée du Front National, que dans l'ascension de Trump, ou encore de Bolsonaro ?
    En confrontant leurs réflexions, et à partir de leurs oeuvres, Loach et Louis tentent de répondre à ces questions.

  • Ce recueil de divers textes que Clément Rosset a consacrés au cinéma est précédé d'un entretien avec Roland Jaccard. Ses goûts cinématographiques, souvent déconcertants et ironiques, permettent de mieux cerner la personnalité du philosophe.
    À la suite d'un entretien avec Roland Jaccard autour du cinéma sur le premier film de son enfance (Les naufrageurs des mers du sud , par Cecil B. de Mille), sur les grandes revues cinématographiques (Positif, Les Cahiers ...) et sur des thèmes tels que « Psychanalyse et cinéma » ou « Philosophie et cinéma », des extraits de textes parus dans différentes revues ou ouvrages de Clément Rosset sont mis à la disposition du lecteur.

  • Nous sommes les héritiers de la plus sinistre des histoires : celle qui a fait de l'amour un piège. De Adam et Eve aux séries contemporaines, elle n'a pas cessé d'être rejouée, définissant l'horizon de vie des femmes et des hommes errant sur la terre sous l'oeil mauvais du Démiurge. Il s'agit d'une histoire dans laquelle l'amour n'est pas ce qui sauve, mais ce qui enf erme ; il n'est pas ce qui rend bon et joyeux, mais triste et méchant, égoïste et cruel. L'amour est un sickamour - un amour malade. Comment faire pour en échapper ? Comment faire pour retrouver ce qui a été perdu lorsque, jaloux du bonheur d'Adam et Eve, Dieu décida de les flanquer à la porte du Paradis ? Telle est la question que s'est posé Pacôme Thiellement dans Sycomore Sickamour, une promenade hallucinée et somptueuse dans les méandres d'un savoir amoureux perdu, mêlant le théâtre de William Shakespeare et les textes gnostiques, les images de Jacques Rivette et celles de David Lynch, mais aussi Buffy et Clair de lune, Raymond Roussel et John Lennon, Gérard de Nerval et Martha & The Vandellas. Une promenade à la recherche du twist de l'amour heureux.

  • En ouvrant Twin Peaks par l'image de la destruction d'un tube cathodique, David Lynch avait marqué de manière décisive que son oeuvre serait avant tout une méditation sur la télévision. Cette méditation, toutefois, ne visait pas simplement à découvrir la vérité de ce médium, vérité gnostique et capitaliste à la fois, mais aussi à en incarner la crise : ce moment où les puissances déchaînées par le miroir que la télévision tendait à ses spectateurs ne pouvaient que se retourner contre elle. Sommes-nous prêts à accepter cette mort violente ? Sommes-nous prêts à accepter les conséquences matérielles et spirituelles de la fin de la télévision ?
    Pacôme Thiellement revient sur l'oeuvre de Lynch dans cette réédition très augmentée de La Main gauche de David Lynch, accompagnée de deux essais inédits, qui prend notamment en compte la troisième saison deTwin Peaks (2017).

  • Penser avec et par le cinéma, celui-là même qui nous émeut, nous effraie ou nous ravit : tel est le principe fondateur de ce travail collectif dont le titre résonne comme un manifeste. L'audace de ce Dictionnaire est de rassembler, de rapprocher et de susciter des passages entre des notions, des champs et des auteurs que nulle discipline académique n'a encore réussi à fédérer. A travers plus de 400 entrées rédigées par plus de 70 spécialistes, on arpente ici en autant de courts essais stimulants cette place centrale du film dans nos existences.
    A quoi pensent ou font penser les techniques ("Caméra", "Montage", "Travelling"...) ? les critiques ("Bazin", "Daney", "Zizek"...) ? les films ("Blow-Up", "2001", "Still Life", etc.) ? les stars ("Bardot", "Bogart", "Charlot", "de Funès"...), les navets, qui ne sont pas des nanars ? les jeux vidéo, qui sont des films comme les autres ? les zombies, les vampires et autres monstres surgis du cinéma bis ?...
    Installez-vous, livre en mains devant les yeux. Réalisé sur l'écran croisé de diverses disciplines (histoire, philosophie, psychanalyse, psychologie, sémiologie, etc.), ce Dictionnaire s'adresse autant aux cinéphiles qu'aux cinéphobes, à l'amoureux qu'à l'érudit, parce que la mise en mouvement de la pensée n'a jamais nui au plaisir esthétique, bien au contraire. Trois index (des noms, des thèmes, des films) offrent de précieux panoramiques sur cette entreprise inédite en français.

  • Sous les apparences d'une série politique, House of Cards explore l'affirmation subversive de Machiavel : et si le prince était un animal féroce ? Parviendrait-il à maîtriser sa soif de sang ou serait-il fidèle à sa nature profonde ? Dans leur quête du pouvoir, les ambitions implacables de Frank Underwood, de sa femme Claire et de son adjoint Doug Stamper les conduisent à faire voler en éclats la frontière entre le bien et le mal. Dans une logique machiavélienne poussée à l'extrême, la nécessité propre à la situation l'emporte toujours sur la morale commune : ils sont des prédateurs qui entendent bien gagner la lutte pour la survie.
    Emmanuel Taïeb explore la façon dont les créateurs de la série mettent en scène des figures criminelles et monstrueuses, telles qu'on peut les trouver dans l'univers du polar ou des films d'horreur, puis les implantent dans l'univers politique qui, par sa faible résistance à la violence, devient un laboratoire de destruction systématique. Dans cette variation sur le conflit entre brutalisation et civilisation au coeur du pouvoir, la politique devient le lieu même du crime.

  • Un chef mafieux se confesse à sa psy, sur fond sanglant de règlements de compte entre gangsters dans le New Jersey... Dans Les Soprano.
    L'Amérique désenchantée, Frédéric Foubert et Florent Loulendo analysent en détail la série créée par David Chase, l'un des tableaux les plus justes et les plus féroces des États-Unis du début du XXIe siècle, saluée en son temps par Norman Mailer comme un « grand roman américain ».
    Par l'analyse de ses différents aspects (la fascination exercée par la figure « antihéroïque » de Tony Soprano, la description à la fois tendre et acide de la communauté italo-américaine, le constat inquiétant sur les fractures raciales américaines, la relecture du film de gangsters à l'aune de la psychanalyse...), les auteurs en dévoilent la dimension de « série-monde » et soulignent à quel point elle est une oeuvre charnière : en dépeignant une nouvelle étape de l'éternelle désillusion américaine, Les Soprano saisit en effet un moment de bascule entre deux époques, deux siècles, deux idées de l'Amérique et deux approches de la télévision.

  • Considéré par Cyril De Graeve (qui l'a mis en couverture de Chronicart) comme
    une des « pop-stars méconnues » de notre temps, par Philippe Nassif (qui l'a
    encensé dans les pages de Technikart) comme « notre Greil Marcus », ou par
    Philippe Manoeuvre (qui a édité son dernier livre, Cabala - Led Zeppelin
    occulte, chez Hoëbecke) comme un véritable prophète du rock, Pacôme Thiellement
    est peut-être notre pop-critique le plus important, auteur d'une oeuvre
    inclassable, à mi-chemin de la philosophie, des cultures populaires (musique,
    cinéma, bande dessinée) et de la littérature. Après s'être intéressé à Paul
    McCartney, Frank Zappa, le Président Schreber, Mattt Konture, Gérard de Nerval
    et Led Zeppelin, il a aujourd'hui jeté son dévolu sur celui que beaucoup
    /> considèrent comme l'un des plus grands cinéastes contemporains : David Lynch.
    Dans La main gauche de David Lynch, il offre une lecture décapante, au style
    éblouissant et à l'érudition vertigineuse, d'une des oeuvres-clé du cinéma (la
    série et le film Twin Peaks), tout en en tirant d'étonnants philosophèmes
    relatifs au médium télévisé, dont Twin Peaks était à la fois une méditation et
    un produit. Et si Twin Peaks représentait un moment-charnière dans l'histoire,
    non seulement des séries télévisées, mais de la télévision en général ? Et si
    Twin Peaks marquait le moment où la télévision atteignait enfin sa fin secrète,
    capitaliste et gnostique, et en l'atteignant, signait sa fin tout court, c'est-
    à-dire son autodestruction ? Telle est l'hypothèse que soutient Pacôme
    Thiellement, s'adjoignant au passage l'aide inattendue de musiciens de jazz, de
    mystiques iraniens, d'actrices disparues, d'amateurs d'occultisme - et de
    Walter Benjamin. Une seule chose est sûre : après avoir lu ce livre, il ne sera
    plus possible de regarder la télévision comme avant. Pacôme Thiellement est
    essayiste, cinéaste et critique. Collaborateur régulier de nombreux magazines,
    il est l'auteur de cinq essais remarqués, dont, dernièrement, L'homme
    électrique. Nerval et la vie (MF, 2009) et Cabala. Led Zeppelin occulte
    (Hoëbecke, 2009).

  • En sept courtes études, le livre se propose de repérer ce qui fait de l'oeuvre cinématographique de Joseph Mankiewicz un moment exemplaire de l'histoire du cinéma, entre construction classique des intrigues, séduction, spectacle, et modernité des clins d'oeil adressés aux spectateurs. L'esthétique singulière du cinéma des années 1950, les rapports compliqués du cinéaste avec son frère, la volonté d'établir une complicité avec le spectateur, sont autant d'éléments pris en compte pour parler de cette oeuvre. La Comtesse aux pieds nus, Ève ou Le Limier, devenus des films cultes, à la fois raffinés, élégants, et très ironiques, y sont analysés et mis ainsi en perspective. Vincent Amiel est professeur à l'Université de Caen, critique et essayiste. Il collabore régulièrement à la revue Positif, a publié aux PUF Le corps au cinéma, et il est l'auteur d'un ouvrage sur l'esthétique du montage traduit dans plusieurs pays.

  • En quatrième vitesse, Vera Cruz, Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, Les Douze Salopards,. Tour à tour salués pour leur audace et contestés pour leur violence, les films de Robert Aldrich ont marqué leur époque. Mais audelà de sa manière unique de dire les choses et de donner à voir, Aldrich s'est révélé un moraliste intègre, qui sut interroger l'homme dans son rapport à autrui comme à lui-même, doublé d'un cinéaste engagé qui, de l'intérieur même du système hollywoodien, mit en débat quelques-unes des valeurs les mieux accrochées de l'American way of life.
    William Bourton, journaliste et essayiste, auteur, aux PUF, d'un étude remarquée sur le western, nous livre une passionnante étude critique sur Aldrich, qui peut également se lire
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  • The Wire débute par une enquéte policière sur le trafic de drogue à Baltimore, pour y agréger peu à peu d'autres institutions et espaces (l'activité portuaire, la politique municipale, l'École, la Presse). Au fil des saisons, elle nous dessine un tableau sans concession des effets destructeurs du capitalisme ultralibéral sur cette ancienne ville industrielle devenue emblématique de la dissolution du mythe du « rêve américain ».
    Si la série se fonde sur une observation minutieuse de la réalité, proche des techniques du journalisme ou de l'enquête sociologique, son impact tient surtout à la manière dont elle parvient à combiner avec brio cette exigence de réalisme et une maîtrise parfaite des rouages de la fiction et du récit audiovisuel. L'humour et la précision des dialogues, les personnages complexes et ambigus, l'esthétique minutieuse et le souffle humaniste de la série permettent à The Wire de séduire les spectateurs tout autant qu'elle les fait réfléchir. En dépit d'un constat apparemment pessimiste sur une situation sociale tragique, la dimension ludique de la série invite ainsi les spectateurs à s'engager activement dans une réflexion sur les enjeux Pagination : 128 pages de toute représentation.

  • Lost n'est pas seulement l'histoire d'un avion qui s'écrase sur une île (pas si) déserte.
    Phénomènes surnaturels, retours dans le passé, bonds dans l'avenir, voyages dans le temps : fresque épique et tragique de 121 épisodes, Lost nous fait vivre la désorientation de ses personnages, met au défi notre compréhension et invite aux visionnages répétés et à l'interprétation en continu. Elle pense notre rapport à autrui, au temps, à la vérité, à la croyance et à la fiction.
    Cet ouvrage explore comment la série réconcilie postmodernisme et sincérité, distance critique et émotion pure, visions du monde multiples et expérience universelle de vie et de mort. Série de coïncidences, de miracles et de retrouvailles, fiction vitale qui relie et se relit, Lost a tout simplement révolutionné la cons-truction narrative télévisuelle.

  • Comment une série centrée sur le coeur du pouvoir mondial, l'aile ouest de la Maison blanche où travaillent jour et nuit le président des États-Unis et ses proches collaborateurs, a pu autant fasciner politiques et spectateurs lambdas ?
    La description des rouages du pouvoir et de son exercice s'y entremêle avec celle des personnages. Mais ce qui n'aurait pu être qu'un fastidieux pensum est animé par le talent, la faconde et l'humour du showrunner de la série, Aaron Sorkin. Directement inspirée des screwball comedies des années quarante, elle est électrisée par des dialogues très rapides et savoureux dans lesquels la séduction du glamour côtoie la gravitas de ceux qui savent porter la lourde charge d'oeuvrer pour le bien commun.
    Dix ans après sa première diffusion, The West Wing figure parmi les meilleures séries politiques, en regard d'autres, tout à fait brillantes et cyniques.
    Sans doute sa singularité tient-elle à l'alchimie qui mêle autant de données apparemment non miscibles : des convictions humanistes, une pyrotechnie verbale, des caractères attachants et séduisants et, surtout, une haute idée de son spectateur.

  • True Blood n'est pas une énième fiction de vampires. Le sujet de la série d'Alan Ball (déjà à l'origine de Six feet under), c'est le sang. Il se trouve ré-enchanté par l'invasion du surnaturel dans le quotidien misérable du « Sud profond » qui lui sert de décor, multiplié par les créatures qui se différencient selon la puissance respective de leur sang : sang de vampire, sang de fée, sang honoré et consommé dans les rituels magiques ou dionysiaques. En sérialisant le sang, la série procède à une déconstruction acharnée de l'identité. Il n'y est plus en effet le signifiant distinctif d'une race la pureté du sang est sans cesse corrompue par le sexe, c'est-à-dire par les aventures et les plaisirs transgressifs entre les êtres hétérogènes qui se croisent. Hypnotiques et inassimilables, les vampires de True Blood deviennent ainsi l'emblème ultime d'une politique de la différence. Ce ne sont plus des aristocrates retirés de la société ou des prédateurs clandestins. Ils symbolisent les minorités sexuelles « invisibles » qui, par leur coming-out, problématisent le pouvoir normalisateur de la démocratie en Amérique. Derrière la mascarade de leur intégration civique, ils érotisent les rapports sociaux et jettent le trouble dans le genre.

  • Le Prisonnier est d'abord l'oeuvre d'un homme, Patrick McGoohan, qui livre à la postérité un chef d'oeuvre inégalé. Jamais une fiction télévisée n'a été à ce point étudiée, disséquée et documentée depuis l'apparition du petit écran. Acteur, réalisateur, scénariste, producteur, directeur de casting et finalement maître d'oeuvre habité par une ambition, McGoohan a tenté un pari que l'on peut juger fou et livré en seulement 17 épisodes une contribution majeure à la culure populaire.
    Le Prisonnier est également une série inscrite dans le temps. Elle est à la fois le témoin de son époque, la fin des années 60, et prophétique par bien des aspects en dénonçant l'aliénation de la société de consommation, la tyrannie du pouvoir, la fascination pour la médecine, la surveillance croissante de l'individu et la perte des repères de l'identité de chacun d'entre nous dans un phénomène croissant d'isolement.

  • Après le succès de ses deux romans (L'Inachevée, Grasset, 2008 ; L'Emprise, Grasset, 2010), ainsi que de son essai sur Fernando Pessoa (Personne(s), Cécile Defaut, 2013), l'écrivaine et psychanalyste Sarah Chiche revient avec une glaçante méditation sur le Mal, à partir de l'oeuvre noire et fascinante de Michael Haneke. Découpé en 71 fragments, sur le modèle d'un des films de ce dernier, Éthique du Mikado se présente comme une promenade cursive dans laquelle chaque image devient une invitation à penser le pire de ce dont l'humanité est capable. Mais cette descente aux Enfers est aussi une manière de réfléchir à la manière dont les images du cinéma, comme celles de Haneke, peuvent nous servir d'école morale. C'est-à-dire combien, en mettant en scène le Mal, elles lancent en réalité un appel au Bien - un appel à s'ébrouer une fois le film fini, et à s'engager dans l'existence en conservant en nous la mémoire d'une horreur que, d'une certaine manière, nous avons vécue. Car telle est la puissance du cinéma : nous faire vivre avec des souvenirs rêvés, des peurs imaginaires, des émotions fabriquées - mais, par là même, rendre nos existences plus riches et plus fines. C'est ce que confirme Haneke lui-même, dans un entretien intime et profond avec Sarah Chiche, offert en annexe du livre.

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