Points

  • Capter les paroles que l'on entend peu, celles des internés, des paysans, des repris de justice, garder trace des dialectes sur le point de s'éteindre, libérer un espace pour les faire entendre : dégager l'écoute, c'est une exigence esthétique, politique mais aussi technique. Une exigence que Claudine Nougaret et Raymond Depardon ont mis au coeur de leur travail documentaire commun. L'une au son. L'autre à l'image.

    De l'hôpital psychiatrique de San Clemente à la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, du chipaya à l'occitan. Délicatesse, vigilance, discipline, pudeur, en font une oeuvre cinématographique indispensable.

    70 photos et un texte inédits ouvrent la porte de leur atelier. Quand la prise de son est au coeur d'une façon d'être au monde : un manifeste et une boîte à outils.

  • Durant l'année 1975, dernière de sa vie, pasolini, âgé de 53 ans, s'adresse dans le quotidien il corriere della sera, à un jeune homme imaginaire pour faire son éducation sociale et politique.
    Ce dialogue ouvert prend de l'ampleur, et devient un véritable " petit traité pédagogique " au sujet de la presse, la sexualité, l'anticonformisme, la liberté, l'école, la télévision... il se prolonge par un poème et par différentes interventions dans lesquelles le cinéaste-écrivain exprime sa conception du monde et de la création, de la vie littéraire et de la participation politique. paradoxes ou déclarations provocantes alternent dans cet essai vibrant, où pasolini prend aussi le temps d'analyser en profondeur la vie sociale italienne.
    Véritable bréviaire de la révolte, les lettres luthériennes s'inscrivent dans une lignée d'essais comme les écrits corsaires, l'expérience hérétique, descriptions de descriptions.

  • Une fillette et son tueur devant une vitrine, une silhouette noire descendant un escalier, la jupe arrachée d'une kolkhozienne, une femme qui court au-devant des balles : ces images signées Lang ou Murnau, Eisenstein ou Rossellini, iconisent le cinéma et cachent ses paradoxes. Un art est toujours aussi une idée et un rêve de l'art. L'identité de la volonté artiste et du regard impassible des choses, la philosophie déjà l'avait conçue, le roman et le théâtre l'avaient tentée à leur manière. Le cinéma ne remplit pourtant leur attente qu'au prix de la contredire.

    Jacques Rancière analyse les formes de ce conflit entre deux poétiques qui fait l'âme du cinéma et montre comment la fable cinématographique est toujours une fable contrariée, qui brouille les frontières du document et de la fiction.

  • Avec son ami Mark Salisbury. D'Edward aux mains d'argent à Sweeney Todd, en passant par L'Étrange Noël de Mr Jack ou Batman, le cinéaste livre les secrets de sa création et ouvre les portes de son imaginaire, peuplé de rêves et de cauchemars.

    « Tim Burton est un artiste, un génie, un excentrique, un fou et un ami brillant, courageux, drôle jusqu'à l'hystérie, loyal, non conformiste et franc du collier. Je n'ai jamais vu quelqu'un de si évidemment hors jeu s'adapter aussi bien. À sa manière ».
    Johnny Depp.

    100 dessins de Tim Burton.

  • Comment, dans quelles conditions, pourquoi sont apparus ces êtres fabuleux que nous nommons « stars » ? Ce sont des marchandises et ce sont des idoles. Elles sont divines et elles sont mortelles. Que nous disent-elles sur notre civilisation ? notre société ? notre temps ? Que nous disent-elles sur nous-mêmes ?
    Le phénomène des stars est ici étudié dans ses dimensions économiques, sociales, culturelles, esthétiques, et aussi mythiques.
    Le « star system » qui a fait la gloire d'Hollywood est mort. Mais les stars du passé ressuscitent : Louise Brooks, Garbo, Marlène, Marylin ont acquis cette survie que nous appelons immortalité. Elles vont traverser les années-lumière.
    Et notre temps ne cesse de susciter de nouvelles stars, pour une nouvelle gloire.

    Edgar Morin :
    Directeur émérite au CNRS, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen, en Amérique latine, et jusqu'en Chine, en Corée et au Japon.

  • Comment petit-déjeuner avec un parrain de la Mafia et collaborer avec un prix Nobel de littérature ? Gifler ses acteurs pour les aider à jouer et sauver un condamné à mort grâce à un documentaire ? Envoyer un homme armé récupérer des copies pirates et diriger des opéras ? Cinéaste de l'excès, véritable tête brûlée, William Friedkin livre une autobiographie sans concession.

  • On ne présente plus Tim Burton, réalisateur à succès. Mais le connaissez-vous vraiment ? Ces entretiens, illustrés de dessins inédits, nous plongent dans l'intimité du créateur. Film par film, il revient sur toutes les étapes importantes de sa carrière, et nous raconte son enfance à Burbank, ses débuts à Disney, ses relations difficiles avec Hollywood, ses angoisses et ses obsessions... Un livre passionnant pour les amateurs de ses films, qui explore son univers et éclaircit sa démarche cinématographique.

  • Patty Diphusa est un sexe symbole, et elle le sait. Star internationale du porno, égérie d'Andy Warhol, elle passe sa vie sans dormir, à boire, se shooter et s'envoyer en l'air dans les boîtes de nuit madrilènes. Pourtant, cette droguée narcissique cache un grand coeur, une sensibilité à fleur de peau et un optimisme sans faille. À travers son récit, c'est toute la finesse et le génie de son auteur, Pedro Almodovar, qui nous apparaît.

  • Si j'écris ces notes à la première personne du singulier, je sais qu'elles sont écrites à la première personne du pluriel.

    Mon frère. Je ne pourrais pas faire ce film sans lui et il ne pourrait pas le faire sans moi. Ses questions sont les miennes. Souvent ce sont elles qui me poussent à écrire ces notes comme le transcripteur d'une réflexion, d'une pensée partagée. C'est la même chose pour le scénario. Je tiens la plume mais elle écrit à deux mains. [.] Revenir aux corps, aux accessoires, aux lieux, aux murs, aux portes, au fleuve. Partir du concret, pas des idées, ou alors attendre que l'idée soit oubliée et qu'éventuellement elle revienne comme quelque chose de concret qui en est la trace. Les moments essentiels pour l'écriture de nos scénarios sont ceux passés à oublier les idées. [.] L. D.

  • Première édition : CNRS Éditions (1997) (prix Jean Mitry de l'Institut Jean Vigo) Quel usage le cinéma fait-il de l'histoire ? Telle est l'interrogation qui sous-tend l'ensemble de cet ouvrage consacré aux représentations filmées de la Seconde Guerre mondiale, depuis la Libération. Analysant la naissance puis la postérité des mythologies héroïques forgées par les films français d'après-guerre, l'auteur révèle comment l'histoire des « années noires » fut l'enjeu d'une bataille de mémoire cinématographique. En envisageant le film comme un palimpseste dont il s'agit de chercher les traces de fabrication, elle montre que le cinéma est à la fois opérateur de mémoire, pourvoyeur de récit et symptôme d'une histoire sociale, politique et culturelle. On redécouvre alors sous un jour nouveau les classiques du cinéma, de La Bataille du rail à L'Armée des Ombres en passant par Nuit et Brouillard, La Grande Vadrouille et Paris brûle-t-il ?, mais aussi des oeuvres méconnues dont l'échec ou la proscription constituent autant de révélateurs d'une époque.
    Une postface inédite analyse comment les cadres historiques et sociaux de la représentation de la Seconde Guerre mondiale se sont transformés et déplacés à partir des années 1970 : mode rétro, mondialisation du marché cinématographique, montée en puissance de la télévision et recouvrement de l'histoire de la Résistance par celle de la Shoah.

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