Gallimard

  • Qui connaît Archibald Leach ? Le gosse de Bristol abandonné par son père, qui commence comme acrobate dans une troupe de cirque, part seul émigrer aux Etats-Unis, adopte le pseudonyme de Cary Grant et devient rapidement la coqueluche d'Hollywood, et le restera pendant près de 40 ans. Dès le début de sa carrière, voulant briser l'image de sosie de Gary Cooper qu'on voit en lui, il rompt ses contrats avec les grosses sociétés de production (Paramount, RKO, Columbia Pictures) et devient le premier acteur indépendant. Il reprend le contrôle de sa carrière, choisit les films dans lesquels il tourne, donne son avis sur les réalisateurs pressentis par les studios et sur ses partenaires à l'écran. Il tiendra le premier rôle de 72 films ; et sera (avec James Stewart) l'un des acteurs fétiches d'Hitchcock. Mais derrière l'acteur génial se cache un homme anxieux, colérique, dépressif. Dans les années 1950 il connaît une grave crise existentielle, qui le mène à l'expérience du LSD, de l'hypnose, de la psychanalyse. Sa vie privée a toujours été à la fois surexposée et mystérieuse. Au début de sa carrière, et pendant 12 ans, il vit en colocation avec son meilleur ami, acteur comme lui, dans une grande maison à Malibu ; les rumeurs sur leur relation homosexuelle (interdite par le Code Hays) vont bon train, et poursuivront Cary Grant toute sa vie.Cary Grant incarne une "masculinité de papier glacé". Martine Reid démonte brillamment ce mythe, tout en nous racontant la passionnante histoire de l'un des plus grands acteurs du XXe siècle. Cary Grant n'a jamis pu coïncider avec lui-même : sa seule véritable identité, c'est celle de ce monde de fiction et de fantasmes qu'est le cinéma. Les zones d'ombre demeurent... et le mythe perdure.

  • Hormis quelques éléments biographiques rassemblés par Martin Kay, qui a publié ses Écrits chez Gallimard (1970) et l'essai de Laurent Cirelli (Le Dilettante, 1998), on ne sait rien ou presque de la vie de Jacques Rigaut, qui s'est suicidé en novembre 1929 à l'âge de trente ans :
    Pourtant le plus brillant, le plus radical des dadaïstes. Tous ses amis écrivent, peignent, font du cinéma : ils s'appellent René Clair, André Breton, Paul Éluard, Pierre Drieu la Rochelle, Man Ray ou Tristan Tzara. Rigaut est l'absent qui éclaire le mouvement Dada, celui qui hante le Feu Follet de Drieu et son adaptation par Louis Malle, et qui continue de fasciner, depuis les surréalistes jusqu'à la contre-culture américaine en passant par les situationnistes.
    Pendant quinze ans, Jean-Luc Bitton a multiplié les recherches, les entretiens avec les survivants et les voyages, afin de lever le mystère sur ce personnage devenu légendaire. Il apporte notamment de précieux éclaircissements sur la période de la guerre et sur la vie de Rigaut à New York. Il s'appuie sur des correspondances inédites, comme celles de Jacques-Émile Blanche et de René Clair, ainsi que des mémoires inédits de Colette Clément. Le cahier photo présente une trentaine de photographies au trois-quarts inédites.
    Ce travail monumental se lit aussi comme le roman des folles années de Paris, du dadaïsme, du surréalisme et de la « Génération perdue ». Dandy absolu, homme « couvert de femmes », poète de sa vie qui répugnait à écrire, Jacques Rigaut troublait et désarmait son monde avec une sincérité radicale : « Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière ». Jean-Luc Bitton offre également de riches réflexions sur la personnalité complexe et touchante de Rigaut, dont l'idée fixe du suicide est le fil rouge de la vie. En ouverture, la préface d'Annie Le Brun, « Qui a tué qui ? », éclaire parfaitement le mythe Rigaut.

  • Un matin, Michael Cimino est réveillé par une journaliste italienne qui tient absolument à le rencontrer pour, dit-elle, faire le portrait d'un mythe. Soudainement encombré par cette nouvelle perspective, Michael Cimino raconte les nuits d'insomnie et les longues conversations fantômes qu'il entretient avec le mythe, ce nouveau lui-même. Et ce n'est pas triste car ses Conversations en miroir nous dévoile ce qu'il n'a jamais confessé sur Hollywood, l'alcool, la drogue et ce soudain revirement de l'opinion qui, à la suite de l'échec de La Porte du paradis, en fit le réalisateur le plus haï d'Hollywood après en avoir été le plus adulé.
    L'autre texte de ce volume nous raconte la destinée de C.J., mineur dans l'Arizona. C.J. a une passion, le golf, héritée de son rebelle de père. Quand son médecin lui annonce qu'il est atteint d'une maladie incurable qui l'empêchera bientôt de jouer, C.J. décide de tout plaquer et de tenter sa chance sur le circuit professionnel. L'homme a tout pour réussir mais c'est compter sans sa passion dévorante pour Rita, serveuse de café aux penchants autodestructeurs, et sa fille Kathleen.
    Nous retrouvons ici les personnages chers au cinéaste américain, des solitaires aux grand coeur, des désaxés qui tentent malgré tout de trouver une place dans un monde plein de fureur.

  • «Au printemps 1967, avec le cachet de La Chinoise, je me suis offert un appareil photo : un Pentax et deux objectifs, un 50 et un 150 mm. Je n'avais pas d'autre ambition que celle de photographier mes proches, ceux que j'aimais. Ils faisaient des films et ça devient très vite une habitude que de me balader, sur les plateaux et à côté, avec mon Pentax en bandoulière.»

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