Gallimard

  • Billy Wilder et moi Nouv.

    Dans la chaleur exaltante de l'été 1977, la jeune Calista quitte sa Grèce natale pour découvrir le monde. Sac au dos, elle traverse les États-Unis et se retrouve à Los Angeles, où elle fait une rencontre qui bouleversera sa vie : par le plus grand des hasards, la voici à la table du célèbre cinéaste hollywoodien Billy Wilder, dont elle ne connaît absolument rien. Quelques mois plus tard, sur une île grecque transformée en plateau de cinéma, elle retrouve le réalisateur et devient son interprète le temps d'un fol été, sur le tournage de son avant-dernier film, Fedora. Tandis que la jeune femme s'enivre de cette nouvelle aventure dans les coulisses du septième art, Billy Wilder vit ce tournage comme son chant du cygne. Conscient que sa gloire commence à se faner, rejeté par les studios américains et réalisant un film auquel peu de personnes croient vraiment, il entraîne Calista sur la piste de son passé, au coeur de ses souvenirs familiaux les plus sombres.
    Roman de formation touchant et portrait intime d'une des figures les plus emblématiques du cinéma, Billy Wilder et moi reconstitue avec une fascinante précision l'atmosphère d'une époque. Jonathan Coe raconte avec tendresse, humour et nostalgie les dernières années de carrière d'une icône, et nous offre une histoire irrésistible sur le temps qui passe, la célébrité, la famille et le poids du passé.

  • Un homme a écrit un énorme scénario sur la vie de Herman Melville : The Great Melville, dont aucun producteur ne veut. Un jour, on lui procure le numéro de téléphone du grand cinéaste américain Michael Cimino, le réalisateur mythique de Voyage au bout de l'enfer et de La Porte du paradis. Une rencontre a lieu à New York : Cimino lit le manuscrit. S'en suit une série d'aventures rocambolesques entre le musée de la Chasse à Paris, l'île d'Ellis Island au large de New York, et un lac en Italie. On y croise Isabelle Huppert, la déesse Diane, un dalmatien nommé Sabbat, un voisin démoniaque et deux moustachus louches ; il y a aussi une jolie thésarde, une concierge retorse et un très agressif maître d'hôtel sosie d'Emmanuel Macron. Quelle vérité scintille entre cinéma et littérature ? La comédie de notre vie cache une histoire sacrée : ce roman part à sa recherche.

  • Abbas Kiarostami Nouv.

    Abbas Kiarostami nous a offert des films sublimes - Où est la maison de mon ami ? Et la vie continue, Au travers des oliviers, Close-up, Le vent nous emportera, Le Goût de la cerise (Palme d'or à Cannes), Copie conforme... Mais il ne fut pas seulement l'un des plus grands cinéastes de sa génération. Son parcours, riche et singulier, est la matière même de cet ouvrage, le premier qui aborde le travail de Kiarostami dans sa multiplicité (cinéma, photo, installation, vidéo, poésie...), les contextes - historique et artistique, iranien et international - dans lesquels il s'inscrit, ses méthodes de travail et son activité de pédagogue qu'il n'aura cessé d'exercer dans des ateliers d'un bout à l'autre de la planète.
    /> Attentive aux enfants et à la nature, imprégnée des trésors de la culture iranienne et sensible aux enjeux contemporains, l'oeuvre de Kiarostami est entièrement conçue pour le partage avec les spectateurs du monde entier - une oeuvre ouverte...

  • Un an après

    Anne Wiazemsky

    "La traque des étudiants se poursuivait boulevard Saint-Germain et rue Saint-Jacques. Des groupes de jeunes, garçons et filles mélangés, se battaient à mains nues contre les matraques des policiers, d'autres lançaient différents objets ramassés sur les trottoirs. Parfois, des fumées m'empêchaient de distinguer qui attaquait qui. Nous apprendrions plus tard qu'il s'agissait de gaz lacrymogènes.

    Le téléphone sonna.

    C'était Jean-Luc, très inquiet, qui craignait que je n'aie pas eu le temps de regagner notre appartement. 'Écoute Europe numéro 1, ça barde au Quartier latin !' Nous étions le 3 mai 1968." Anne Wiazemsky

  • Hitchcock truffaut

    François Truffaut

    En 1955, françois truffaut rencontre alfred hitchcock pour les cahiers du cinéma.
    En 1962, jules et jim vient consacrer son talent de cinéaste et il prépare la peau douce (1964), de son aveu même le plus hitchcockien de ses films. aux etats-unis, hitchcock, avec frenzy (1962), est au faîte de sa créativité et de son succès. mais les critiques restent réticents. naît alors l'idée du " hitchbook " : un livre dont truffaut serait l'initiateur, le " provocateur " même, et qui révèlerait la vraie nature de l'homme, vulnérable, sensible, et aussi les secrets perdus que détiennent les grands cinéastes qui ont commencé à l'époque du muet.
    Hitchcock accepte le principe de répondre à 500 questions portant exclusivement sur sa carrière. pendant cet entretien qui va durer 4 ans, truffaut va l'interroger à la façon dont oedipe allait consulter l'oracle. il tentera d'élucider à travers toute l'oeuvre de hitchcock les mécanismes de ce " langage d'émotion " qui est le ressort de son style inimitable et le classe dans la catégorie des " artistes inquiets comme kafka, dostoïevski ou poe ".
    Le " hitchbook " paraît en 1967. après la disparition de hitchcock, le 2 mai 1980, françois truffaut complète la première édition par un chapitre sur ses derniers films et une courte préface en guise de long adieu : " l'homme était mort mais non le cinéaste, car ses films, réalisés avec un soin extraordinaire, une passion exclusive, une émotivité extrême masquée par une maîtrise technique rare, n'en finiraient pas de circuler, diffusés à travers le monde, rivalisant avec les productions nouvelles, défiant l'usure du temps, vérifiant l'image de jean cocteau parlant de proust : " son oeuvre continuait à vivre comme les montres au poignet des soldats morts ".

  • «Ces mots sont plus que des notes de journal d'un réalisateur expérimenté. Ces mots sont des cicatrices, des marques de souffrance, des joyaux. Dans notre nuit (la nuit de la création qui doit nécessairement venir pour que s'allume l'écran), ils brillent comme des étoiles, nous montrant le simple et difficultueux chemin vers la perfection.» J.M.G. Le Clézio.

  • Du grand ouvrage dont rêvait merleau-ponty ne restent que cent cinquante pages manuscrites.
    Quelle est leur fonction : introduire. il s'agit de diriger le lecteur vers un domaine que ses habitudes de pensée ne lui rendent pas immédiatement accessible. il s'agit, notamment, de le persuader que les concepts fondamentaux de la philosophie moderne - par exemple, les distinctions du sujet et de l'objet, de l'essence et du fait, de l'être et du néant, les notions de conscience, d'image, de chose - dont il est fait constamment usage impliquent déjà une interprétation singulière du monde et ne peuvent prétendre à une dignité spéciale quand notre propos est justement de nous remettre en face de notre expérience, pour chercher en elle la naissance du sens.
    Pourquoi est-il devenu nécessaire de prendre un nouveau départ, pourquoi ne pouvons-nous plus penser dans le cadre des anciens systèmes, ni même bâtir sur le sol où nous les voyons, si différents soient-ils dans leur orientation, plonger leurs racines, voilà ce que l'auteur s'efforce de dire tout d'abord. considérations préliminaires, croirait-on donc. et pourtant, telle est la nature de l'oeuvre que l'initiation est ici décisive, la vérité du parcours anticipée dans la première démarche.

  • " c'est dans l'épreuve que je fais d'un corps explorateur voué aux choses et au monde, d'un sensible qui m'investit jusqu'au plus individuel de moi-même et m'attire aussitôt de la qualité à l'espace, de l'espace à la chose et de la chose à l'horizon des choses, c'est-à-dire à un monde déjà là, que se noue ma relation avec l'être ".
    Maurice merleau ponty.
    Rapport sur ses travaux présenté au collège de france en 1951.

  • Wes Anderson

    Ian Nathan

    Film après ?lm, cet ouvrage propose une plongée dans l'univers poétique et singulier de Wes Anderson. Avec dix longs-métrages à son actif, le scénariste et réalisateur américain a construit une oeuvre unique en son genre, pleine de ?nesse et d'humour. Le journaliste Ian Nathan retrace l'ensemble de sa carrière, de son premier court-métrage, Bottle Rocket (1993), à sa dernière fantaisie à venir, The French Dispatch. L'auteur revient sur les débuts du cinéaste, la conquête de son indépendance et son premier grand succès public et critique, avec The Grand Budapest Hotel (2014). Cet ouvrage richement illustré nous entraîne au plus près du tournage des ?lms et nous dévoile les inspirations du réalisateur, ainsi que sa rencontre avec ses acteurs fétiches (Owen Wilson, Jason Schwartzman, Bill Murray, Anjelica Huston...).

  • Laterna magica

    Ingmar Bergman

    Lorsque bergman jette, comme ici, un regard sur sa vie, c'est un homme profondément marqué par une éducation rigide et par une imagination débordante qui parle.
    Mais c'est surtout un homme de spectacle : a la fois directeur de théâtre et réalisateur de films, il a vécu dans la fièvre, entre moments de grâce et échecs. il s'exprime dans complaisances dans ses jugements, qu'il s'agisse d'inconnus, de vedettes - telles que laurence olivier, greta garbo ou herbert von karajan, avec qui il a travaillé - ou de lui-même. mémoires, ou plutôt antimémoires, " confessions " modernes, ce livre témoigne de blessures et de crises, mais aussi de rêves et de bonheurs, et il foisonne de souvenirs d'un étrange rayonnement.
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  • « Marpa fut très remué lorsque son fils fut tué, et l'un de ses disciples dit : "Vous nous disiez toujours que tout est illusion. Qu'en est-il de la mort de votre fils, n'est-ce pas une illusion ?".
    Et Marpa répondit : "Certes, mais la mort de mon fils est une super-illusion." » Pratique de la voie tibétaine.

  • En janvier 1954, un jeune critique nommé François Truffaut publie dans les Cahiers du cinéma un violent pamphlet qui dénonce la « tradition de qualité française » et préfigure la Nouvelle Vague. Le retentissement est tel qu'il déchaîne contre lui la jalousie virulente de nombreux confrères, mais lui ouvre les portes de l'hebdomadaire Arts-Spectacles. Truffaut y publiera plus de cinq cents articles en cinq ans. Une critique directe et sans concession, inédite dans la presse d'alors : « Pour la première fois, au lieu de dire : «C'est bon ! C'est mauvais !» j'ai commencé à essayer d'imaginer comment ça aurait pu être bon ou pourquoi c'était mauvais. » Truffaut y pilonne les institutions et les professions du cinéma (festivals, syndicats, production...), fomente des polémiques qui resteront célèbres (avec Delannoy, Autant-Lara...), dresse un portrait de ses acteurs et réalisateurs de prédilection (Marilyn Monroe, James Dean, Hitchcock, Lang, Hawks, Guitry, Ophuls, Renoir...), défend les aspirations d'une nouvelle génération (Varda, Rivette, Vadim, Bresson...). Il cultive ses goûts et affiche ses dégoûts, et le temps lui donnera souvent raison...

    Pour Truffaut, écrire sur le cinéma, c'est déjà en faire, mais la critique n'est pour lui qu'un viatique. Dès août 1957, il s'en éloigne en réalisant Les Mistons et ses derniers articles évoquent déjà le regard d'un cinéaste...

    Édition établie et annotée par Bernard Bastide.

  • Le bloc

    Jérôme Leroy

    Cette nuit, tout peut basculer, le destin de la France comme ceux d'Agnès Dorgelles, d'Antoine Maynard et de Stanko. Demain, Antoine sera peut-être ministre, Stanko, lui, sera mort. Cette nuit, c'est la nuit où se négocie l'entrée au gouvernement du Bloc Patriotique, le parti d'extrême droite dirigé par Agnès. Cette nuit, c'est la nuit qui doit marquer l'aboutissement de vingt-cinq ans d'une histoire obscure, où ont dominé le secret, la violence et la manipulation.

  • Cinéma regroupe trois scenarii inédits de Jacques Prévert.
    Le Grand Matinal : Un trafic de pièces d'avion endommagées est révélé par un photographe du Grand Matinal , sur fond d'intrigue sentimentale. Jour de sortie ou La Lanterne magique : Deux jeunes amoureux sont séparés par les intrigues d'un village bien-pensant. La jeune fille, lors de son jour de sortie, retrouve le jeune homme qui possède un cinéma ambulant. Par magie, ils entrent dans la toile et toute leur histoire est rejouée dans l'univers du conte. Ils finissent par s'en échapper et s'enfuient tous les deux. Au diable vert est une comédie sentimentale parisienne. Un écrivain américain est l'ami d'un clochard des Halles ; ils s'installent très souvent Au Diable Vert, un café-musée atypique. À la faveur du hasard, cet américain retrouve une jeune femme qui lui était chère. Malheureusement, les intrigues d'un proxénète et d'une prostituée, aspirant à plus de liberté, vont mettre à mal cette histoire d'amour naissante...
    On retrouve dans ce volume Cinéma, les thèmes chers à Prévert : le souci des petites gens dépeintes avec affection, et opposées aux notables qui se croient importants, l'amour et la liberté.

  • L'oeuvre de François Truffaut est universellement connue. Ses vingt et un longs métrages sont considérés par un grand nombre de spectateurs comme des livres de chevet. Mais qui était cet homme, disparu en 1984 à l'âge de cinquante-deux ans, et qui voua sa vie au cinéma ? François Truffaut ne cessa d'entretenir le mystère et les malentendus, comme pour maintenir le secret. S'il est possible, de film en film, de retracer les contours de sa vie, à travers les personnages d'Antoine Doinel, l'adolescent des Quatre cents coups interprété par Jean-Pierre Léaud, puis le jeune homme de Baisers volés, le nouveau marié de Domicile conjugal, Ferrand, le metteur en scène de La Nuit américaine, Bertrand Morane, le séducteur de L'homme qui aimait les femmes, ou Julien Davenne, l'homme qui voue sa vie au culte des morts, l'ami inconsolé de La Chambre verte, la personnalité de François Truffaut est plus complexe et méritait une approche biographique.
    Établie à partir des multiples témoignages de ses amis et de ses étonnantes archives personnelles, cette biographie nous révèle les multiples facettes de François Truffaut. Voici un récit attentif et minutieux, un éclairage inédit sur un cinéaste sensible et chaleureux.

  • « Ceux qui comme moi ont eu le destin de ne pas aimer selon la norme finissent par surestimer la question de l'amour. Quelqu'un de normal peut se résigner - quel mot terrible - à la chasteté, aux occasions manquées : mais chez moi la difficulté d'aimer a rendu obsessionnel le besoin d'aimer : la fonction a hypertrophié l'organe, alors que, dans mon adolescence, l'amour me semblait être une chimère inaccessible. » La vie de Pier Paolo Pasolini (1922-1975), cinéaste, romancier, théoricien de l'art et de la littérature, se déroula à la fois comme un destin tragique et comme le symbole de la plus noble des libertés. Ce courage, il le paya très cher : scandales, procès, assassinat mystérieux enfin dont il fut la victime, sur une plage d'Ostie, une nuit de novembre.

  • Naomi Seberg et Nathan Math oeuvrent avec succès dans le photojournalisme à sensation de l'ère des nouveaux médias. À la fois amants et concurrents professionnels, ils arpentent le globe séparément, ne se croisent que dans des hôtels d'aéroports ou n'ont de rapports que par Internet, et sont toujours en recherche d'histoires spectaculaires - si possibles sordides.
    Celle de Célestine et Aristide Arosteguy, anciens professeurs de philosophie à la Sorbonne et couple libertin, a tout pour attirer Naomi. Célestine a en effet été retrouvée morte, mutilée, dans son appartement parisien. La police suspecte son mari, qui a disparu, de l'avoir assassinée et d'avoir mangé des parties de son corps. Avec l'aide d'Hervé Blomqvist, un étudiant singulier, elle se lance sur les traces d'Aristide, qui la mènent jusqu'à Tokyo.
    De son côté, Nathan se trouve à Budapest pour photographier le travail d'un chirurgien controversé, Zoltán Molnár, qui a été recherché par Interpol pour trafic d'organes et pratique désormais des interventions illégales. En couchant avec l'une des patientes de Molnár, Nathan contracte l'étrange « maladie de Roiphe », que l'ont croyait disparue. Il s'envole alors pour Toronto, bien décidé à rencontrer le médecin qui a identifié ce mystérieux syndrome.
    Ces histoires parallèles finissent par se croiser dans une intrigue hallucinée mêlant la technologie et le corps, l'impression 3D et la philosophie, le festival de Cannes et le cannibalisme, la mort et le sexe sous toutes ses formes (fétichisme, voyeurisme, échangisme.).
    Cinéaste culte et mondialement reconnu (Videodrome, La Mouche, EXistenZ.), David Cronenberg poursuit dans ce premier roman son exploration de la noirceur psychologique et physique de l'être humain. Nous retrouvons dans Consumés les thèmes et l'esthétique de ses films, ses fascinations et ses obsessions.
    Traduit de l'anglais (canadien) par Clélia Laventure

  • Hormis quelques éléments biographiques rassemblés par Martin Kay, qui a publié ses Écrits chez Gallimard (1970) et l'essai de Laurent Cirelli (Le Dilettante, 1998), on ne sait rien ou presque de la vie de Jacques Rigaut, qui s'est suicidé en novembre 1929 à l'âge de trente ans :
    Pourtant le plus brillant, le plus radical des dadaïstes. Tous ses amis écrivent, peignent, font du cinéma : ils s'appellent René Clair, André Breton, Paul Éluard, Pierre Drieu la Rochelle, Man Ray ou Tristan Tzara. Rigaut est l'absent qui éclaire le mouvement Dada, celui qui hante le Feu Follet de Drieu et son adaptation par Louis Malle, et qui continue de fasciner, depuis les surréalistes jusqu'à la contre-culture américaine en passant par les situationnistes.
    Pendant quinze ans, Jean-Luc Bitton a multiplié les recherches, les entretiens avec les survivants et les voyages, afin de lever le mystère sur ce personnage devenu légendaire. Il apporte notamment de précieux éclaircissements sur la période de la guerre et sur la vie de Rigaut à New York. Il s'appuie sur des correspondances inédites, comme celles de Jacques-Émile Blanche et de René Clair, ainsi que des mémoires inédits de Colette Clément. Le cahier photo présente une trentaine de photographies au trois-quarts inédites.
    Ce travail monumental se lit aussi comme le roman des folles années de Paris, du dadaïsme, du surréalisme et de la « Génération perdue ». Dandy absolu, homme « couvert de femmes », poète de sa vie qui répugnait à écrire, Jacques Rigaut troublait et désarmait son monde avec une sincérité radicale : « Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière ». Jean-Luc Bitton offre également de riches réflexions sur la personnalité complexe et touchante de Rigaut, dont l'idée fixe du suicide est le fil rouge de la vie. En ouverture, la préface d'Annie Le Brun, « Qui a tué qui ? », éclaire parfaitement le mythe Rigaut.

  • Dans Folioplus philosophie, le texte philosophique, associé une oeuvre d'art qui l'éclaire et le questionne, est suivi d'un dossier organisé en six points :Les mots du texte : Corps, entrelacs (chiasme), chair ; L'oeuvre dans l'histoire des idées ; La figure du philosophe ; Trois questions posées au texte : Y a-t-il une chair de l'image ? L'accès à l'être implique-t-il la neutralisation du sensible ? Y a-t-il une chair de l'histoire ? ; Groupement de textes : L'écriture et l'image: l'existence, la mort ; Prolongements.

  • J'ai beaucoup risqué en écrivant actes impurs et amado mio.
    Je ne sais pas si les sujets si scabreux de ces deux récits sont suffisamment nécessaires et objectivés ; je suppose même que certains, si je disais le nom du péché... ne liraient peut-être même pas la première page du livre. paolo et desiderio luttent-ils assez contre leur amour ? il est vrai, tant que la passion les consume, leur péché se consume avec eux ; mais au-delà de cette passion, où il n'y a que sensualité, qu'est-ce qui les justifie ? l'anormalité de leur amour est déjà une peine assez lourde, une "condamnation à vie", c'est vrai ; mais suffit-il de souffrir pour se racheter ?

  • « Et si la mort de Puig et du Négus, la mort du capitaine de Boïeldieu, la mort du petit lapin ont été inaudibles, c'est que la vie n'a jamais redonné aux films ce qu'elle leur avait volé. Et que l'oubli de l'extermination fait partie de l'extermination.
    Voilà presque cinquante ans que, dans le noir, le peuple des salles obscures brûle de l'imaginaire pour réchauffer du réel. Maintenant celui-ci se venge et veut de vraies larmes et du vrai sang.
    Mais de Vienne à Madrid, de Siodmak à Capra, de Paris à Los Angeles et Moscou, de Renoir à Malraux et Dovjenko, les grands réalisateurs de fiction ont été incapables de contrôler la vengeance qu'ils avaient vingt fois mise en scène. [...]
    Oui, mais l'histoire. Au fond, qu'est-ce que c'est ? Tout au fond. Malraux : nous sentions tous que l'enjeu appartenait à un domaine plus obscur que le domaine politique. Braudel : qu'on mesure la foule de ceux qui nient leur misère. Le nombre de ces coeurs qui veulent être eux-mêmes, vivre de leur vie malgré tout. Comme si notre vie était à nous. Hélas, à notre disposition. Et cet enfoiré de Cioran : rien de ce que nous savons ne reste sans expiation. Nous payons chèrement, tôt ou tard, n'importe quel courage de la pensée ou indiscrétion de l'esprit. Et le jeune Péguy : ah, l'histoire ! une sombre fidélité pour les choses tombées.
    Qu'arrive-t-il toujours, mon ami ? Le soir tombe. Les vacances finissent. Il me faut une journée pour faire l'histoire d'une seconde. Il me faut une année pour faire l'histoire d'une minute. [...] On peut tout faire, excepté l'histoire de ce que l'on fait. »

  • Publiée à l'orée des années 1980, la première édition de cet ouvrage se distinguait déjà. La présence massive des films américains sur les écrans du monde entier, leurs liens avec l'argent et la publicité, leur fonction idéologique, leur popularité aussi avaient longtemps entraîné, de la part de nombreux critiques, une position de défense et de suspicion. S'arrêtant sur l'impact que ce cinéma avait eu sur la formation des grands réalisateurs européens, Michel Ciment dévoilait les ingrédients du succès : la préoccupation constante d'un rapport avec les spectateurs, une attention de chaque instant à la direction d'acteurs, un équilibre enfin entre la plastique et la dynamique, entre le cadre et le montage - conjointement donc, le mouvement et l'image. Il s'attachait à certains thèmes : l'influence des Viennois (von Stroheim, von Sternberg, Wilder) ; la notion d'«auteur» ; le western.
    Aujourd'hui, dans ces 37 essais, il élargit plus encore la réflexion, s'arrêtant au système hollywoodien. Même pris dans la tourmente de l'Histoire, celui-ci n'a cessé de faire naître tant de chefs-d'oeuvre qu'on ne peut que s'interroger sur cette fabuleuse moisson. Face aux contraintes du système, les réalisateurs ont déployé ruse, ténacité, courage pour véritablement devenir les conquérants d'un nouveau monde, les bâtisseurs d'une industrie qui permit à leur art de s'épanouir.

  • Les frères Coen

    Ian Nathan

    Les frères Coen comptent parmi les cinéastes les plus inventifs et les plus talentueux d'Hollywood. Ensemble, Joel et Ethan ont réalisé dix-sept films devenus cultes dans le monde entier et reconnaissables à leur humour noir, qui fait le «style Coen».
    Le journaliste Ian Nathan retrace ici l'ensemble de leur carrière, de leurs débuts avec leur premier film, Sang pour sang, à leur dernier long-métrage en date, Ave César !, en passant bien sûr par les incontournables : Fargo, The Big Lebowski, O'Brother, Ladykillers, Burn After Reading, et tous les autres. Au centre du livre, un dépliant présente leur filmographie sous la forme d'une frise chronologique.
    Cet ouvrage richement illustré nous entraîne dans les coulisses des différents tournages, au plus près des réalisateurs et de leurs acteurs fétiches.

  • Ces poèmes issus de trois recueils différents et dont la composition s'échelonne sur plus de dix années ont été choisis, en accord avec Pasolini, dans le souci de retracer aussi complètement que possible un itinéraire idéologique et poétique tourmenté. C'est tout le bilan d'une époque liée aux luttes et aux retombées du mouvement ouvrier qui se trouve ici consigné. Le cinéma a contribué à divulguer le message de Pasolini. Mais l'écriture poétique qui le fit d'abord connaître constitue son mode d'expression privilégié.

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