Capricci

  • John Cassavetes expose en détail les étapes de réalisation de chacun de ses films, de Shadows à Love Streams, ses influences, ses méthodes et ses rencontres. Le livre alterne ses propos avec ceux de Ray Carney, qui viennent à la fois les resituer, les compléter et parfois les discuter.
    Salué à sa sortie aux États-Unis en 2001, Cassavetes par Cassavetes est, selon le cinéaste Harmony Korine, le « meilleur livre jamais écrit sur le cinéma ».

  • Voici enfin le premier livre consacré à l'ensemble de l'oeuvre de Marco Ferreri (1928-1997), le portrait inédit d'un artiste culte, sulfureux et original.
    Cinéaste de l'absurde, critique de la société de consommation, Ferreri a vu sa réputation taillée par le scandale de La Grande Bouffe ; mais son cinéma radical accueille aussi les rôles les plus controversés des grands acteurs de son époque : Gérard Depardieu, Annie Girardot, Michel Piccoli, Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, sans oublier Ugo Tognazzi et d'autres figures incontournables de la culture italienne.
    Au-delà du scandale, de Rabelais à Camus, du néoréalisme italien au féminisme, du grotesque au sublime, ce livre permet d'approcher l'un des secrets les mieux gardés de la cinéphilie mondiale.

  • "La tragédie s'accommode mal du smoking et du plastron en dentelles : elle s'est terriblement encanaillée. La tragédie, c'est la mort toute prête que l'on rencontre dans le monde des gangsters ou dans une période particulière, comme la guerre." De Martin Scorsese à John Woo en passant par Quentin Tarantino ou Jim Jarmusch, nombreux sont les cinéastes à se réclamer de Jean-Pierre Melville (1917-1973), tant celui-ci aura renouvelé le cinéma de genre.
    Dans ce livre d'entretien devenu un classique depuis sa première parution en 1973, le cinéaste revient généreusement sur son parcours et la genèse de ses films. Il y aborde ses influences, son expérience de la Seconde Guerre mondiale, les grands thèmes de son oeuvre et son travail de metteur en scène. Peu à peu se profile une personnalité complexe, parfois contradictoire : le portrait d'un homme secret et orgueilleux, réputé pour ses brouilles et ses colères, mais porté par un amour inconditionnel du cinéma.
    Cette nouvelle édition est augmentée d'un chapitre inédit sur Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophuls, qui avait marqué Melville à sa sortie en 1971, ainsi que d'une postface de Rui Nogueira. Rui Nogueira est journaliste et critique de cinéma. Ancien collaborateur d'Henri Langlois à la Cinémathèque française, il a écrit pour de nombreuses publications, dont la célèbre revue anglaise Sight and Sound.

  • Josef von Sternberg ; les jungles hallucinées Nouv.

    Josef von Sternberg est à l'origine d'une des carrières les plus accidentées de l'histoire du cinéma américain. Après des années d'assistanat, il tourna l'un des premiers films indépendants, claqua la porte de plusieurs plateaux, partit filmer en Allemagne puis au Japon, dénicha Marlene Dietrich, fut monteur pour d'autres et directeur de la photographie pour lui-même, réalisa un peu partout des morceaux de films, dégringola plusieurs fois les marches de la gloire pour les remonter une à une. Il légua au cinéma un gisement de chefsd'oeuvre éblouissants, parfois reconnus, parfois oubliés ou demeurés secrets. Cet ouvrage est un exercice d'admiration au sujet d'une oeuvre parmi les plus farouchement insolites et tragiquement sensuelles jamais tournées au sein de l'industrie hollywoodienne.

  • Gena Rowlands habite deux mondes : celui des films de John Cassavetes et celui, plus me´connu et presque antagonique, de la te´le´vision ame´ricaine dont elle fut une pre´sence familie`re depuis les anne´es 1950.
    Ce livre retrace sa carrie`re, explore son jeu e´bre´che´, raconte une vie d'actrice a` la manie`re d'un roman a` plusieurs strates, celui d'une actrice, d'un couple et de la féminité.

  • Un classique des livres de cinéma, Faire un film se présente à la fois comme les mémoires de Sidney Lumet et comme un guide possible pour aspirant réalisateur. En 13 chapitres, il décrit minutieusement toutes les étapes de la conception d'un film, de la lecture du scénario jusqu'à la sortie en salles. Pour cela, Lumet s'inspire de sa propre expérience, en nourrissant son propos d'anecdotes liées aux tournages de ses films. Il s'agit avant tout du témoignage d'un cinéaste chevronné qui pousse le lecteur désireux de tourner un film à se poser les bonnes questions, comme par exemple :
    Comment choisir un script ? Quelle focale, quel angle de caméra adopter pour telle ou telle scène ?
    Sans jargon et avec humour, Faire un film mêle habilement conseils, analyse, récit, descriptions et anecdotes.

  • On connaissait un Éric Rohmer théoricien, cherchant dans le cinéma une forme de sublime que les autres arts auraient désertée. Avec le présent recueil, qui reprend près de deux cents textes parus entre 1948 et 1959, c'est un Rohmer plus impur qui revient sur le devant de la scène. Impur, car il se mêle à ses choix des tropismes idéologiques, marqués par le contexte de la guerre froide et les exigences de la revue Arts, où il jouait au polémiste méchant. Impur, parce qu'à rebours du ciné-ma d'adaptation littéraire, il ose défendre les outsiders, les films de genre, les produits de consom-mation courante. Impur encore, parce qu'il ne cesse de faire des infidélités à son atlantisme affiché, et de découvrir à travers Ingmar Bergman, Kenji Mizoguchi ou Satyajit Ray, de nouveaux territoires de cinéma. Constamment il bifurque, emprunte des chemins de traverse, redessine en le précisant son paysage ciné-phile. Et invente, de modèles secrets en révérences en trompe-l'oeil, son futur travail de cinéaste.

  • Paru en 1976, un ouvrage à mi-chemin entre l'autobiographie et l'essai critique dans lequel l'auteur dénonce le racisme dans le cinéma américain.

  • Déjà traduit en plusieurs langues, Conquête de l'inutile (Eroberung des Nutzlosen) a été salué par la presse allemande et internationale comme un ouvrage de première importance. En 1979, Herzog publia un « journal » de marche intitulé Sur le chemin des glaces (P.O.L.), un des plus beaux textes jamais écrits par un cinéaste. Conquête de l'inutile est un second jalon dans la découverte de celui qui est autant un aventurier de l'écriture que de l'image.

    Werner Herzog est célèbre pour ses tournages mouvementés et ses relations orageuses avec l'acteur Klaus Kinski. En 1981, le cinéaste se rend au Pérou pour tourner Fitzcarraldo, l'histoire d'un homme déterminé à construire un opéra en pleine jungle et prêt pour cela à hisser un bateau à vapeur de l'autre côté d'une montagne. Tout se passe mal, le climat est terrible, la santé du cinéaste de plus en plus fragile. Le campement est détruit, la guerre fait rage entre le Pérou et l'Equateur, l'acteur d'abord prévu doit être remplacé à mi-tournage par Kinski. Dans une écriture microscopique quasi-indéchiffrable, Herzog tient la chronique de ce désastre. Conquête de l'inutile est le témoignage unique d'un artiste qui, engagé dans le « délire de la jungle », médite et éprouve sans cesse la grande obsession de son oeuvre : le poids et l'adversité de la nature, seule divinité qui vaille.

    « Conquête de l'inutile survivra à tous mes films. J'en suis sûr. Les films ont de toute façon une durée de vie limitée. Les gens doivent bien comprendre que ce livre est une oeuvre de prose, un rêve ou un délire en état de fièvre. A fever dream. A fever delirious. Ce n'est pas un journal de tournage. Seule la structure extérieure en adopte la forme et le ton. C'est un texte purement littéraire déguisé en journal de bord. A l'origine c'était bien sûr un journal, mais seule une toute petite partie de ce qui y est écrit est tiré d'événements effectivement survenus au cours du tournage de Fitzcarraldo (1982). Je décris avant tout des événements intérieurs. Je le redis, c'est le rêve d'un homme qui a la fièvre. C'est un livre de catastrophes inventées. Comme si, pendant que je tournais Fitzcarraldo, j'écrivais de la poésie sur ce que c'est que vivre dans la jungle. » Werner Herzog. Extrait du livre : Conquête de l'inutile, entretien avec Hervé Aubron et Emmanuel Burdeau.

  • Walter Murch est le monteur et sound designer attitré de Francis Ford Coppola. Depuis quatre décennies, il a observé, pratiqué, analysé et transformé le montage cinématographique. En un clin d'oeil est le récit de son expérience à tous les cinéphiles et apprentis monteurs.
    Murch raconte les aventures les plus extraordinaires de sa carrière, les différentes évolutions technologiques et la manière dont elles ont transformé son approche du montage. Il rend également compte des méthodes personnelles qu'il n'a cessé de réinventer.
    Le clin d'oeil, mais aussi la cuisine, les chimpanzés, la médecine, la danse, les étoiles. sont quelques unes des comparaisons et métaphores convoquées par Murch afin de rendre claire, lumineuse, irrésistiblement simple et parlante la description d'une pratique complexe. En un clin d'oeil est le livre de pensées plein d'humour et d'anecdotes d'un inventeur soucieux de transmettre l'« aperçu d'une recherche personnelle d'équilibre dont l'intérêt de la lecture tient plus au chemin parcouru qu'aux méthodes spécifiques que ce chemin a engendrées ».
    Le livre s'ouvre par un avant-propos amical et élogieux de Francis Coppola et par une préface spécialement rédigée par Walter Murch pour cette traduction française.

  • Le réalisateur égyptien s'entretient avec son ami, journaliste, et revient sur son parcours, ses films, sa vision du monde et l'histoire de l'Egypte au XXe siècle.

  • Ce livre fait le pari qu'une vie se raconte à travers la filmographie d'un grand acteur, une autre vie que celle de la biographie réelle. A travers les films de Chabrol, Haneke, Verhoeven, Breillat, Godard et bien d'autres, Murielle Joudet tente ainsi de recoller les morceaux d'une vie de femme en tant que telle avec tous ses moments : l'initiation sexuelle, le mari, l'amant, la maison, le travail, les enfants.
    Que fait Isabelle Huppert de toutes ces étapes "obligées", comment est-ce qu'elle les transforme, les infléchit et les pirate ? L'absence que l'actrice injecte inévitablement dans chaque situation (la plus inédite ou la plus banale) et qu'elle exprime à merveille est ce qui fait sa grandeur.

  • Werner Herzog est sans aucun doute l'un des plus grands cinéastes vivants, et le dernier héros du cinéma mondial. Après avoir connu une traversée du désert, il croule aujourd'hui sous les honneurs et ne cesse de multiplier les projets. Auteurs du premier livre d'entretien en français avec le cinéaste ( Manuel de survie ), Hervé Aubron et Emmanuel Burdeau tentent avec cet essai de rendre compte d'une fi lmographie entière : le cinéaste allemand des années 60 et 70 ; le globetrotteur des années 80 et 90 ; le retour au premier plan des années 2000. L'ouvrage est composé chronologiquement, examinant l'évolution de l'oeuvre période par période. Un autre manuel en somme, à la fois livre d'aventures et ouvrage critique, à la fois point de vue original et approche exhaustive d'une oeuvre monumentale.

  • Admiré par Scorsese, Tarantino ou encore Jarmusch, Sam Fuller apparaît dans Pierrot le fou pour donner une fameuse définition du cinéma, qui vaut aussi pour son oeuvre : "Un film est un champ de bataille :
    Amour, haine, violence, action, mort. En un mot, émotion." Journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, Fuller a ensuite combattu comme soldat durant la Seconde Guerre mondiale, avant de tourner des films à Hollywood où il explora des genres variés : western, film d'espionnage, thriller policier, film de guerre... Son oeuvre est marquée par la violence dont il a offert une représentation nouvelle au cinéma, réaliste et concrète.
    Cet essai critique, qui éclaire l'art de Fuller et son talent de conteur, paraîtra à l'occasion d'une grande rétrospective à la Cinémathèque française.

  • Le 4 octobre 2008, de retour de La Nouvelle Orléans où il tournait son nouveau film, Bad Lieutenant : Port of Call New Orleans, Werner Herzog a reçu Hervé Aubron et Emmanuel Burdeau à l'opéra de Valencia alors qu'il préparait la mise en scène de Parsifal. Dans le long entretien qu'il leur a accordé, le cinéaste parle de ses films, près de cinquante-cinq à ce jour, et de ses nombreux projets. Il revient notamment sur Aguirre, la colère de Dieu (1972), Nosferatu - fantôme de la nuit (1978) ou Fitzcarraldo (1982), ainsi que sur certaines grandes oeuvres récentes, dont Grizzly Man (2005) et Encounters At The End Of The World (2007).

    Le cinéaste décrit surtout les expériences humaines sans lesquelles son oeuvre n'aurait pas pu exister : une enfance de solitude et de fantaisie dans les montagnes bavaroises ; la marche à pied le long des frontières d'Allemagne, en Afrique et aux Etats-Unis ; la fascination pour le vol et pour la grotte de Chauvet ; la passion de l'Histoire, l'admiration pour Hannibal et pour Tite-Live ; la pratique de l'écriture, l'amitié avec Ryzard Kapuscinski et Bruce Chatwin ; le sentiment de l'avenir, du caractère éphémère de la race humaine et la proximité avec le danger, depuis toujours.

    « De toute ma vie je n'ai jamais rien construit qui ressemble à une carrière. Je viens de finir un film, qu'est-ce que je peux faire maintenant ? Quelle est la liste des best-sellers ? Je n'ai jamais fonctionné comme ça. J'ai une métaphore pour décrire ma façon de travailler. Imaginez que vous invitiez deux personnes à la maison. Vous entrouvrez la porte, et tout à coup celle-ci s'ouvre en grand, les fenêtres volent en morceaux et vous vous trouvez en compagnie de quatre-vingts personnes que vous n'avez pas invitées. Comment s'en débarrasser ? Comment les faire ressortir par la porte, le sous-sol, les fenêtres, la cheminée ? Bad Lieutenant n'est toujours pas fini et il y a déjà cinq, peut-être six films de fiction que je n'ai pas invités et qui cherchent pourtant à s'imposer. J'ai également deux ou trois projets documentaires. Comme celui sur les langues mourantes : il exige, il exige... Avec toute cette pression sur moi, je ne sais pas quoi faire, je ne serai jamais assez rapide. Mais je ne suis pas du genre à m'agiter : je vais les faire ressortir un par un par la fenêtre. »

  • Premier livre en français consacré à l'auteur de La Famille Tenenbaum et de Grand Budapest Hotel, cet ouvrage se présente sous forme de lettre adressée à Wes Anderson. S'y dissimule en réalité une monographie critique où tous les films sont abordés dans un désordre chronologique cachant un ordre thématique et une savante contextualisation. Enfance et adolescence, musique et littérature, nostalgie et immaturité, névrose familiale et dérive « salingérienne », mélancolie et fantaisie : l'auteur a dicté au critique certains de ses grands thèmes ; le critique tente cependant d'innover en poussant l'auteur dans ses retranchements. Il ose lui demander comment vieillir quand on a été le cinéaste de l'immaturité. Cela valait au moins une lettre.

  • En 2016, le succe`s public et critique rencontre´ par Elle a remis Paul Verhoeven sur le devant de la sce`ne internationale. Le cine´aste ne´erlandais raconte son parcours dans cet entretien exhaustif re´alise´ chez lui, a` La Haye. Il e´voque ses controverses et ses succe`s, Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone et Isabelle Huppert, la Hollande et Hollywood, le triomphe de Basic Instinct et l'e´chec de Showgirls, la liberte´ de Starship Troopers et la vitesse de Black A` Book... Il revient sur ce qui le lie aux femmes - plus qu'aux hommes -, sur sa passion pour Je´sus et pour Jean Moulin, ainsi que sur ses nombreux projets de films. Cet entretien est pre´ce´de´ d'un essai d'Emmanuel Burdeau portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Paul Verhoeven.

  • Comment réussir (ou presque) à Hollywood donne des conseils aux aspirants acteurs ou cinéastes qui voudraient y tenter leur chance. Les informations sont précises mais adoptent un ton de sarcasme qui est aussi une manière de ridiculiser à la fois les attentes naïves des débutants et les intentions édificatrices de ce genre d'ouvrage. Ce petit livre réjouissant écrit il y a quarante ans par celui qu'on surnomma « le plus mauvais réalisateur de tous les temps » réussit avec humour, rage et tendresse, à faire une chose et son contraire : décrire sans fascination le monde de Hollywood, et livrer les clés pour y pénétrer sans jamais en être esclave. Drôle, vif, rapide, une parfaite introduction et le parfait antidote à Hollywood !

  • En seize films, de Sang pour sang (1984) à Inside Llewyn Davis (Grand Prix en 2013 au Festival de Cannes), Joel et Ethan Coen ont accordé la critique la plus exigeante et le public le plus vaste. Film noir, comédie romantique, thriller, western, polar, remake : ils s'autorisent tous les registres et manipulent les genres établis par l'histoire du cinéma en provocateurs hilarants. Fins connaisseurs du folk et du rock, grands lecteurs de Dashiell Hammett, Raymond Chandler ou Cormac McCarthy, imbibés de récits yiddishs et de philosophie, Joel et Ethan Coen défient le spectateur en jonglant avec les références pop ou savantes. Marc Cerisuelo et Claire Debru suivent les deux frères sur la piste de leurs influences toujours soigneusement digérées, de Los Angeles à Chicago, du Minnesota au Texas, dans l'exploration joyeuse de chacun de leurs seize films. Fouillant à la fois l'imagination tordue des deux Américains et leur impressionnante culture, ils décodent et mettent en lumière la richesse cinématographique d'une oeuvre protéiforme.

  • Le cinéma de Duras est méconnu bien qu'estimé. Le peu de textes qui jusqu'alors s'y consacraient, l'étudiaient comme un reliquat de ses écrits. Notre premier geste a été d'oublier l'origine littéraire de Duras. Di érents tons et di érentes générations se croisent, de Luc Moullet qui raconte Nathalie Granger dont il a été producteur, à Luc Chessel, qui s'empare de la violence politique des premiers fi lms de Duras, en passant par Fernando Ganzo qui aborde Duras par Straub et Huillet ou Pierre Eugène qui investit les lieux de la trilogie indienne. Stéphane Bouquet quant à lui choisit les obsessions intimes de Duras et Philippe Azoury revient aux fondamentaux : l'amour. Entre ces textes inédits, des entretiens avec Marguerite Duras et ses collaborateurs viendront compléter le sommaire.

  • Rempli d'anecdotes réjouissantes, Mémoires d'un artisan de la peur fait découvrir un cinéaste culte auquel Joe Dante, John Waters et bien d'autres ont souvent rendu hommage. Castle est célèbre pour ses fi lms d'épouvante pour lesquels il mettait au point des inventions marketing mi-horrifi ques, mi-farfelues, destinées à attirer le public en salles. Le livre est découpé en chapitres courts qui traversent toute sa vie, une grande part de ses projets et de ses nombreuses rencontres à Hollywood. L'auteur expose ses gloires et ses échecs avec un humour constant, sans fausse modestie mais avec distance. En fi ligrane se lit aussi une histoire méconnue du cinéma hollywoodien, celui des petits budgets et du système D où les cinéastes rivalisaient d'ingéniosité et faisaient avec les moyens du bord.

  • Avant de devenir cinéaste, Pascal Bonitzer a été une des grandes figures de la critique de cinéma. Aux Cahiers du cinéma, il a contribué à importer les outils du structuralisme et de la psychanalyse au sein de la théorie du cinéma, dans une perspective de critique de la représentation. Il fut aussi l'un des premiers aux Cahiers à vouloir sortir de l'impasse où le maoïsme les avaient enfermés, en revenant à la critique et à l'étude de grands auteurs, passés (Hitchcock) ou contemporains (Oshima, Rohmer).
    Afin de rendre compte de l'ensemble du parcours intellectuel de Bonitzer, ce livre (où se mêlent théorie et critiques) se compose de quatre grandes parties qui, sans suivre un fil strictement chronologique, marquent néanmoins l'évolution de sa pensée, tout en en soulignant les constantes.

  • Mon gène cinématographique est un recueil d'essais, d'entretiens et de discours donnés par Jia Zhang-ke entre 1996 et 2010.
    Le livre est organisé en dix parties, traitant chacune d'un film. Chaque texte reflète la pensée du cinéaste à une époque donnée, offrant un éclairage immédiat et vivant sur ses oeuvres. Les sujets abordés sont divers et complets : récit des expériences de jeunesse, problèmes survenus lors des tournages, production et distribution des films, en passant par un exposé de l'esthétique cinématographique de Jia et des observations faites au fil de ses contacts avec le monde du cinéma.
    Mais la véritable valeur du livre tient à l'observation pointue et aux critiques virulentes adressées à la société et au cinéma chinois. Jia laisse fuser un humour piquant et une certaine veine satirique visant principalement les représentants du cinéma industriel en Chine. Les entretiens accordent également une place à plusieurs figures notables du cinéma, notamment les réalisateurs taïwanais Hou Hsiao-Hsien et Tsai Ming-Liang.
    Certains essais traitent de réalisateurs ayant joué un rôle direct sur l'oeuvre de Jia, comme Martin Scorsese, ou indirect, comme Yasujiro Ozu. Ces personnages constituent un cadre dans lequel il devient possible de comprendre quelle position Jia tient vis-à-vis de ses pairs.

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