José Moure

  • Du visage de Greta Garbo dans La Reine Christine en 1933 à celui, défiguré, de Jeff Goldblum dans La Mouche en 1986, des montagnes brutes filmées dans Visages d'enfants de Jacques Feyder en 1925 aux forêts symboliques imaginées par Terrence Malick pour Le Nouveau Monde en 2005, des trucages cinématographiques utilisés par Méliès dès 1896 aux technologies numériques à Pauvre dans Gravity en 2013...

    Chacune de ces images fortes, sensibles, témoigne de métamorphoses, de réinventions, de basculements du cinéma à travers les âges, par le prisme de ce qu'en ont fait réalisateurs, acteurs, spectateurs, techniciens ou théoriciens. Et chacune sert de point de départ à une exploration thématique et historique du septième art. Corps, décors, effets spéciaux, couleurs, montage, rires, larmes : à rebours d'une évolution continue et linéaire, cette approche très complète et pourtant très personnelle, signée de deux auteurs parmi les plus réputés, met en lumière les influences et tendances qui traversent les films, grands classiques ou méconnus, au gré des époques et des continents.

  • Le premier dessin, le premier pas de danse, le premier chant : tout cela est depuis toujours tombé dans l'oubli. Mais le cinéma, qui naît à la toute fin du XIXe siècle, a, lui, des témoins sûrs : des écrivains (Gorki, Gourmont, Apollinaire, Tolstoï, Maïakovski, Colette, Kafka, Cendrars, Pirandello, Soupault, Aragon, Cocteau, Biély...), des cinéastes en devenir (Méliès, Griffith, Chaplin, Dreyer, Delluc, L'Herbier, Gance...), des penseurs (Freud, Bergson, Lukács, Élie Faure), qui tous élaborent les premiers questionnements et analyses sur l'art naissant qui va révolutionner le XXe siècle. Cette anthologie - une constellation internationale de textes souvent inédits, ignorés ou jamais traduits - invite ceux qui aiment et étudient le cinéma à découvrir le roman des origines d'un art qui, en 1919, sera baptisé le septième.

  • Qu'est-ce que le cinéma invente à partir de la vie quotidienne ? Comment les formes cinématographiques représentent-elles la dimension la plus ordinaire et la plus insaisissable de notre existence ?
    Du point de vue de la création artistique, on mettra en lumière ce qui s'élabore à partir de la quotidienneté :
    L'énumération (les listes, les séries), le travail du rythme (à travers les cycles journaliers, les jeux de répétition), les flux (le passage des heures, le vide et le plein, la circulation urbaine), l'étude des gestes et du mouvement des corps. Cette réflexion nous permettra, en dernier lieu, d'interroger les enjeux esthétiques et politiques de la mise en scène d'actions journalières, afin de mieux saisir comment le cinéma nous engage à repenser la question du quotidien.

  • Charlot a cent ans. Le 7 février 1914, à la sortie de Charlot est content de lui, le «petit homme» apparaît pour la première fois sur les écrans. Dans les studios de la Keystone, Mack Sennett avait réclamé au jeune embauché «un maquillage comique. N'importe quoi». «Je me suis dit, écrit Chaplin dans son autobiographie, que j'allais mettre un pantalon trop large, de grandes chaussures et agrémenter le tout d'une canne et d'un melon. Je m'ajoutai une petite moustache qui me donnerait quelques années de plus sans dissimuler mon expression.» Ainsi est né ce «pantin de la rue», cette «sauterelle cinématographique», ce «dieu de la foule», dont le succès immédiat et mondial fait un «nouvel être mythologique». Capable d'unir tragédie et comédie, de faire communier en un même rire le petit peuple, les artistes et les puissants, le célèbre vagabond a suscité au fil des ans un flot de témoignages, commentaires et écrits de toutes sortes. Charlot vu et célébré par les poètes, écrivains et artistes, critiques d'art et de cinéma, intellectuels et politiques de tous les pays (d'Aragon à Desnos, de Delluc à Kracauer, de Churchill à Hannah Arendt, de Brecht à Sartre...) : tel est l'objet de cette anthologie sans équivalent en France.

  • Elia Kazan (Un tramway nommé Désir, À l'est d'Éden, La Fièvre dans le sang) est aujourd'hui reconnu comme un classique de l'histoire du cinéma, dont les films sont pourtant, sinon méconnus, du moins mal connus. Il est urgent de les redécouvrir. Pendant longtemps, appréhender l'oeuvre d'un réalisateur, hollywoodien ou tout autre, a amplement consisté à passer par une lecture « auteuriste ». Les deux directeurs de cet ouvrage ont fait un autre pari : celui de revenir aux cinéastes par une autre articulation des régimes d'écriture en faisant se croiser la logique des oeuvres avec des propositions de recherche parmi les plus actuelles (esthétique environnementaliste, approches matériologiques) mais aussi des perspectives scientifiques confirmées (analyse de séquences, histoire des genres, études actoriales).

  • Il y a d'une part les documentaristes à qui l'on pose la question : « Quand est-ce que vous ferez un vrai film ? » Et il y a d'autre part des cinéastes de fiction à qui l'on demande : « Vous n'avez jamais eu envie de filmer la réalité ? » Le débat est aussi vieux que le cinéma lui-même. Peut-on filmer le réel ? Peut-on d'ailleurs filmer autre chose que le réel ? Dans cet ouvrage, ont été interrogés huit cinéastes qui ont l'expérience conjuguée de la fiction et du documentaire. Chacun d'entre eux se penche avec acuité sur le passage de l'un à l'autre, chaque créateur ayant son rapport particulier au réel et à l'imaginaire.

  • La musique au cinéma semble en pleine phase de mutation, et les questions qu'elle soulève passionnent autant les cinéphiles que les mélomanes. Pour y répondre, cet ouvrage a convoqué des spécialistes internationaux. Chercheurs infatigables, mais aussi amateurs passionnés, ils ouvrent de nouvelles perspectives en interrogeant les oeuvres elles-mêmes, anciennes ou récentes, pour qu'elles révèlent leurs secrets et leurs trésors. Ces recherches sont complétées par une fructueuse discussion où interviennent des professionnels français, sur l'évolution actuelle de la musique pour l'écran.

  • Le rêve de transporter, de projeter et d´animer les images est peut-être immémorial et l´histoire de ceux qui ont voulu faire vivre ce rêve est déjà longue quand, en 1895, les frères Lumière projettent la vie, prise sur le vif, sur l´écran du cinématographe. Cette anthologie rassemble quelque cent textes qui nous invitent à parcourir une histoire culturelle de la vision, de ses moyens et dispositifs, de l´idée que nous nous faisons du visible, des attentes, des croyances et de l´imaginaire qui s´y rattachent, afin de mieux comprendre nos propres façons de voir et de vivre avec les images.  De Platon à Jules Verne, avant le cinéma, sans le cinéma, se croisent les préoccupations philosophiques, artistiques et littéraires autant que sociales, scientifiques et techniques. Autour des jeux de l´ombre et de la lumière, de la chambre noire, des lanternes magiques, de la fantasmagorie, des panoramas, de la photographie, des machines optiques et des images en mouvement, dialoguent, parmi bien d´autres, Vinci, Kepler et Sterne, Kircher, Inés de la Cruz et Leibniz, Robertson, Balzac et Strindberg, et encore Kleist, Wordsworth et Hawthorne, Lichtenberg, Hoffmann, Hugo, Marx et Zola, Arago, Poe, Delacroix et Nadar, Plateau, Baudelaire, Marey et Edison, Villiers de l´Isle-Adam, H. G. Wells et Charles Cros...  Daniel Banda, professeur agrégé, enseigne la philosophie au Lycée Victor Hugo à Paris et l´esthétique à l´université de Paris I Panthéon- Sorbonne.  José Moure, ancien élève de l´École normale supérieure, est professeur en études cinématographiques à l´université de Paris I Panthéon- Sorbonne.  Ensemble, ils ont publié Le Cinéma : naissance d´un art. 1895-1920 et Le Cinéma : l´art d´une civilisation.1920-1960.

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