Jean-Michel Frodon

  • Arriver à New York, c'est entrer dans un  lm qui n'existe que dans la tête de chacun, un  lm composé des réminiscences d'innombrables plans, d'une myriade de souvenirs plus ou moins précis, qu'on prend plaisir à retrouver sur place. Avec Paris, New York est la ville la plus  lmée au monde. Mais elle est, sans comparaison, la cité par excellence du cinéma.
    Ce livre évoque plus de deux cents  lms, de Charlie Chaplin à Woody Allen, de Blake Edward à Martin Scorsese, en passant par John Cassavetes, Francis Ford Coppola ou Spike Lee.
    Cette nouvelle édition enrichie intègre une dizaine de nouveaux  lms sortis depuis 2016, date de la première parution de New York mis en scènes, dont Wonder Wheel et A Rainy Day in New York de Woody Allen, Sully de Clint Eastwood, Dumbo de Tim Burton, Ex-Libris : The New York Public Library de Frederick Wiseman, Le Musée des Merveilles de Todd Haynes, ainsi que les nouveaux Avengers.

  • Le cinéma, tout le monde connaît, mais au fond, on ne sait pas si bien ce que c'est. Car le cinéma, c'est beaucoup de choses à la fois, et son histoire commence il y a trèslongtemps, bien avant ce 28 décembre 1895, jour de la première séance publique du Cinématographe des frères Lumière. C'est cette formidable odyssée que l'on raconte ici : ces passions, ces inventions, ces destins fabuleux ou brisés, tous ceux qui font et tout ce qui fait le cinéma. Ses inventeurs de génie (les frères Lumière, Thomas Edison, Georges Méliès...).Ses stars et ses monstres sacrés (Griffith, Chaplin, Welles, Truffaut...). Ses grandes puissances (la France, les États-Unis, puis l'Allemagne et l'Italie, et aujourd'hui l'Asie...).Ses mutations (le passage du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur, le numérique, la 3D...). Et ses grands mouvements(l'expressionnisme, le néoréalisme, la Nouvelle Vague...). La fabuleuse aventure d'un art qui ne cesse de se réinventer, parce que le monde auquel il appartient ne cesse de changer...

  • Depuis 20 ans, le cinéma chinois connaît un développement foudroyant, en phase avec l'essor de ce pays. Nul n'incarne mieux cette évolution que le réalisateur Jia Zhang-ke, révélé en 1999 avec son premier film, Xiao-wu artisan pickpocket. Son cinéma se distingue par la modernité de son écriture, nourrie par la réinvention des rapports entre fiction et documentaire, par les usages inventifs des nouvelles technologies, par la créativité des relations entre l'intime et le collectif à l'échelle d'un pays d'un milliard et demi d'habitants.
    Les films de Jia sont en effet, et du même mouvement, oeuvres d'un grand artiste contemporain et témoignages sensibles des gigantesques mutations qui affectent la Chine, et le monde entier. Des titres tels que Platform, The World, Still Life, A Touch of Sin et Mountains May Depart jalonnent un parcours esthétique à la fois extrêmement cohérent et en constant renouvellement. Ils accompagnent la construction patiente d'une place centrale dans la culture de son pays malgré les immenses obstacles liés à la censure.
    Et ils racontent, selon un point de vue original et pertinent, ce qui s'invente avec le XXIe siècle. Un long entretien mené avec le réalisateur sur les lieux de son enfance, ces lieux de travail et de tournage, un texte historique établissant la place de Jia dans le cinéma chinois et dans le cinéma actuel, une notice critique consacrée à chacun de ses films, longs et courts métrages, enrichis de plusieurs éclairages dont des entretiens avec ses principaux collaborateurs, et des textes de Jia inédits hors de Chine, font de ce livre le premier ouvrage offrant une visibilité et une compréhension exhaustive de l'oeuvre de ce cinéaste, et de son importance majeure.

  • Le cinéma français de la Nouvelle vague à nos jours brosse un portrait d'un demi-siècle du cinéma français depuis le tournant décisif de la fin des années 50. Cette histoire commence dans un flamboiement promis au plus brillant avenir, passe par de sombres périodes où les cassandre prédisent sa mort pour arriver à la situation contemporaine d'un cinéma toujours vivace, porté par des auteurs variés au risque de l'éclatement, poreux dans ses frontières avec les "images"au risque de devenir minoritaire.

    L'auteur, enfant de la Nouvelle vague, cinéphile passionné et journaliste formé à l'école de la presse quotidienne, documenté et prolifique, tisse le fil des événements pour dessiner une histoire avec ses étapes, ses protagonistes, ses ruptures et ses renaissances. C'est à l'enchaînement d'un récit qu'est convié le lecteur, où les petites histoires participent à la grande Histoire. Les batailles esthétiques, les affrontements économiques, les évolutions techniques ou les combats politiques s'entremêlent au destin des vedettes, des auteurs, des nababs, des fonctionnaires, des inventeurs, des commerçants, des artistes, des penseurs... et finalement des films, traités comme des personnages à part entière. Un "casting d'enfer" mis en scène par l auteur bénéficiant d un impressionnant corpus d'informations de première main.

    Cet ouvrage constitue la référence la plus complète sur l'âge moderne et la situation contemporaine du cinéma français, grâce au croisement des angles d'approche, non seulement esthétiques mais également économiques et politiques. Le point de vue est également novateur en ce qu'il est celui d'un auteur, né dans les années 50, exactement contemporain de l'histoire qu'il raconte et dont il a été le témoin direct et le commentateur à chaud dans les pages de l'hebdomadaire corporatif Le film Français, puis Le Monde, puis Les Cahiers du cinéma.

    L'ouvrage est organisé chronologiquement en cinq grandes parties découpées par décennies. Chacune d'elles voit apparaître son lot de nouvelles personnalités qui marquent ou dominent la période, et nombre d'entre elles se retrouvent dans la continuité. Le rôle de l'état, la place des grands groupes comme Pathé, Gaumont, UGC, une approche globale du cinéma français dans un système mondial rythment la vie économique et politique qui forment l'environnement plus ou moins favorable à la création.

    Après une plongée rétrospective dans 50 ans de cinéma, cette nouvelle édition révisée et augmentée permet au lecteur d'embrasser synthétiquement les courants à l' uvre au présent et dégagent une vision perspective du cinéma français.
    Les années 2000 sont marquées par une redistribution des pouvoirs en place : un désengagement de la puissance publique, le changement de donne entre le cinéma et la télévision, une "globalisation"favorable à la montée des grosses productions, et l'intervention croissante des pouvoirs locaux dans la production, une influence grandissante des nouvelles technologies.
    Côté auteurs, Frodon met l'accent sur la "génération 2000"avec Christophe Honoré, François Ozon, Mathieu Amalric, Laurent Cantet, sans oublier la pleine maturité de cinéastes de la génération qui les précède directement comme Arnaud Desplechin, Olivier Assayas ou Claire Denis, ni les oeuvres tardives de ces cinéastes des années 60 qui n'en finissent pas de nous éclairer en ce début de 21e siècle, comme Godard, Resnais, Rohmer...
    Côté tendances esthétiques, c'est la place désormais incontournable du documentaire, des "petites formes" rendues possibles par l'utilisation des petites caméras numériques et l'entrée du cinéma dans les musées d'art contemporain qui marquent les années 2000.

  • Le cinéma d'Edward Yang

    Jean-Michel Frodon

    • Eclat
    • 18 Novembre 2010

    Edward Yang, réalisateur taïwanais (1947-2007), est l'une des principales figures du surgissement du cinéma chinois à la fin du 20e siècle. Il est aussi un des deux chefs de file de la " Nouvelle Vague " taïwanaise. Auteur d'oeuvres magnifiques, notamment A Brighter Summer Day il n'aura toutefois connu une large reconnaissance critique et publique en Occident qu'avec ce qui devait être son dernier film, Yiyi (2000, prix de la mise en scène à Cannes).
    Aucun ouvrage de référence n'existe à ce jour sur Edward Yang, ni en français ni en anglais ni en chinois. De nombreux cinéastes et responsables d'institutions cinéphiles sont mobilisés pour qu'Edward Yang bénéficie enfin de la mise à disposition de son oeuvre, et que l'importance de celle-ci soit reconnue comme elle le mérite. C'est dans ce contexte qu'est programmée une intégrale de ses films à la Cinémathèque française, qui ouvrira 8 décembre 2010.
    L'ouvrage comprendra un essai relativement important sur la vie et l'oeuvre d'Edward Yang, d'un texte consacré à chacun de ses films. Il comportera aussi des textes écrits par Edward Yang, et par plusieurs cinéastes qui ont souhaité lui rendre hommage. Il comportera en outre un grand nombre de documents iconographiques (photos de films, photos personnelles et professionnelles d'Edward Yang, reproduction d'archives de travail, mais aussi dessins, E. Yang étant également dessinateur, et très inspiré par certains aspects de l'esthétique manga).

  • Abbas Kiarostami Nouv.

    Abbas Kiarostami nous a offert des films sublimes - Où est la maison de mon ami ? Et la vie continue, Au travers des oliviers, Close-up, Le vent nous emportera, Le Goût de la cerise (Palme d'or à Cannes), Copie conforme... Mais il ne fut pas seulement l'un des plus grands cinéastes de sa génération. Son parcours, riche et singulier, est la matière même de cet ouvrage, le premier qui aborde le travail de Kiarostami dans sa multiplicité (cinéma, photo, installation, vidéo, poésie...), les contextes - historique et artistique, iranien et international - dans lesquels il s'inscrit, ses méthodes de travail et son activité de pédagogue qu'il n'aura cessé d'exercer dans des ateliers d'un bout à l'autre de la planète.
    /> Attentive aux enfants et à la nature, imprégnée des trésors de la culture iranienne et sensible aux enjeux contemporains, l'oeuvre de Kiarostami est entièrement conçue pour le partage avec les spectateurs du monde entier - une oeuvre ouverte...

  • Les étrangers le savent mieux que les Français : Paris offre une quantité, une diversité et une qualité d'accès au cinéma sans égal dans le monde - sans même rien d'approchant où que ce soit. Dans cette ville, le cinéma possède un statut particulier, il y est plus vénéré que partout ailleurs.

    C'est dans les salles obscures qu'a lieu la véritable rencontre entre les spectateurs et les films. Paris, qui compte près de 90 cinémas et 400 écrans, est une terre d'accueil unique pour la diffusion d'oeuvres originales, comme en témoignent les réalisateurs du monde entier qui ont souhaité apporter de courtes contributions à cet ouvrage. De nombreux cinémas parisiens ont disparu au fil des ans, mais d'autres ont ouvert tandis que la multiplication des lieux où sont projetés des films, à commencer par les grandes institutions que sont la Cinémathèque française, le Forum des images et le Centre Pompidou, sont le reflet de la vitalité du cinéma à Paris.

    Histoire et fonctionnement des salles, action publique, place des majors, rôle des acteurs indépendants, importance des dispositifs pédagogiques et de la presse (sur papier, sur les ondes et en ligne) : ce panorama du cinéma et des cinémas à Paris montre comment et pourquoi cette ville occupe une telle place et joue un tel rôle. Et, au-delà, met en évidence les effets d'une passion française, et d'une politique culturelle au long cours.

  • Jafar Panahi, cinéaste iranien, résiste toujours et fait preuve d'un courage et d'une créativité à toute épreuve depuis sa condamnation en 2010 à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de filmer et de sortie de territoire. Figure internationalement reconnue, primée dans de nombreux festivals internationaux (Cannes, Berlin, Venise) et soutenue sans relâche par ses pairs, il a réalisé quinze courts et longs métrages. Sa notoriété l'a érigé en symbole de tous les réalisateurs, et plus largement de tous les artistes, qui se battent en Iran aujourd'hui pour pratiquer leur art librement.

  • Olivier Assayas incarne depuis plus de 25 ans ce que le cinéma français possède de plus énergique et de plus inventif. Créateur de formes, ouvert sur la diversité du monde et en même temps inscrit dans une histoire longue, Olivier Assayas a en 15 films (Désordre, L'Eau froide, Irma Vep, Fin août début septembre, Les Destinées sentimentales, Demonlover, Clean, L'Heure d'été, Carlos, Sils Maria...) affirmé une oeuvre exigeante et qui séduit pourtant de vastes publics, en France et dans le monde. Mais s'il est cinéaste dans toutes les fibres de son être, c'est en étant aussi fin connaisseur des musiques de son temps et amateur érudit d'art plastique, voyageur et écrivain, observateur de son époque et héritier d'une riche trajectoire familiale dont les racines plongent dans l'aristocratie hongroise, la diaspora du Moyen-Orient, les exils, la Résistance et la proximité avec une intelligentsia cosmopolite qui a fait l'Europe moderne. Critique aux Cahiers du cinéma dans les années 1980, il avait contribué à ouvrir la cinéphilie aux nouveaux films de genre et aux innovations de Hollywood, et été l'un des premiers grands ambassadeurs en Occident des nouveaux cinéma d'Asie, avant de jouer un rôle majeur dans la reconnaissance d'avant-garde cinématographiques incarnées par Kenneth Anger ou Guy Debord.
    Au fil d'une conversation au long cours avec Jean-Michel Frodon, critique et journaliste, ancien responsable des pages " cinéma " du Monde et ancien directeur de la rédaction des Cahiers, Olivier Assayas partage avec verve et générosité une expérience et une réflexion uniques sur son propre parcours personnel et professionnel, mais aussi sur l'état du monde actuel et de la place qui occupe le cinéma contemporain.

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