Daniel Banda

  • Le premier dessin, le premier pas de danse, le premier chant : tout cela est depuis toujours tombé dans l'oubli. Mais le cinéma, qui naît à la toute fin du XIXe siècle, a, lui, des témoins sûrs : des écrivains (Gorki, Gourmont, Apollinaire, Tolstoï, Maïakovski, Colette, Kafka, Cendrars, Pirandello, Soupault, Aragon, Cocteau, Biély...), des cinéastes en devenir (Méliès, Griffith, Chaplin, Dreyer, Delluc, L'Herbier, Gance...), des penseurs (Freud, Bergson, Lukács, Élie Faure), qui tous élaborent les premiers questionnements et analyses sur l'art naissant qui va révolutionner le XXe siècle. Cette anthologie - une constellation internationale de textes souvent inédits, ignorés ou jamais traduits - invite ceux qui aiment et étudient le cinéma à découvrir le roman des origines d'un art qui, en 1919, sera baptisé le septième.

  • Charlot a cent ans. Le 7 février 1914, à la sortie de Charlot est content de lui, le «petit homme» apparaît pour la première fois sur les écrans. Dans les studios de la Keystone, Mack Sennett avait réclamé au jeune embauché «un maquillage comique. N'importe quoi». «Je me suis dit, écrit Chaplin dans son autobiographie, que j'allais mettre un pantalon trop large, de grandes chaussures et agrémenter le tout d'une canne et d'un melon. Je m'ajoutai une petite moustache qui me donnerait quelques années de plus sans dissimuler mon expression.» Ainsi est né ce «pantin de la rue», cette «sauterelle cinématographique», ce «dieu de la foule», dont le succès immédiat et mondial fait un «nouvel être mythologique». Capable d'unir tragédie et comédie, de faire communier en un même rire le petit peuple, les artistes et les puissants, le célèbre vagabond a suscité au fil des ans un flot de témoignages, commentaires et écrits de toutes sortes. Charlot vu et célébré par les poètes, écrivains et artistes, critiques d'art et de cinéma, intellectuels et politiques de tous les pays (d'Aragon à Desnos, de Delluc à Kracauer, de Churchill à Hannah Arendt, de Brecht à Sartre...) : tel est l'objet de cette anthologie sans équivalent en France.

  • Le rêve de transporter, de projeter et d´animer les images est peut-être immémorial et l´histoire de ceux qui ont voulu faire vivre ce rêve est déjà longue quand, en 1895, les frères Lumière projettent la vie, prise sur le vif, sur l´écran du cinématographe. Cette anthologie rassemble quelque cent textes qui nous invitent à parcourir une histoire culturelle de la vision, de ses moyens et dispositifs, de l´idée que nous nous faisons du visible, des attentes, des croyances et de l´imaginaire qui s´y rattachent, afin de mieux comprendre nos propres façons de voir et de vivre avec les images.  De Platon à Jules Verne, avant le cinéma, sans le cinéma, se croisent les préoccupations philosophiques, artistiques et littéraires autant que sociales, scientifiques et techniques. Autour des jeux de l´ombre et de la lumière, de la chambre noire, des lanternes magiques, de la fantasmagorie, des panoramas, de la photographie, des machines optiques et des images en mouvement, dialoguent, parmi bien d´autres, Vinci, Kepler et Sterne, Kircher, Inés de la Cruz et Leibniz, Robertson, Balzac et Strindberg, et encore Kleist, Wordsworth et Hawthorne, Lichtenberg, Hoffmann, Hugo, Marx et Zola, Arago, Poe, Delacroix et Nadar, Plateau, Baudelaire, Marey et Edison, Villiers de l´Isle-Adam, H. G. Wells et Charles Cros...  Daniel Banda, professeur agrégé, enseigne la philosophie au Lycée Victor Hugo à Paris et l´esthétique à l´université de Paris I Panthéon- Sorbonne.  José Moure, ancien élève de l´École normale supérieure, est professeur en études cinématographiques à l´université de Paris I Panthéon- Sorbonne.  Ensemble, ils ont publié Le Cinéma : naissance d´un art. 1895-1920 et Le Cinéma : l´art d´une civilisation.1920-1960.

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